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LE MECANISME
MENTAL DE L'ANXIETE
Indépendamment de l'alerte de l'organisme tout entier, l'un des effets majeurs de l'accès anxieux est le détournement immédiat et automatique de l'attention : la vigilance prend les commandes pour scruter les environs afin de détecter toute menace potentielle.
Autrement dit, il va donc être difficile de se concentrer sur les tâches quotidiennes. La distraction, l'impossibilité à finir le travail en cours, le manque de concentration et les troubles de mémoire sont choses fréquentes.
Lorsque le cerveau ne trouve pas la source extérieure du danger ou de la menace, il réoriente ses recherches. C'est alors que la personne en état d'anxiété se livre à un travail inconscient d'introspection et invente le danger : ainsi, " s'il n'y a rien à l'extérieur qui puisse me rendre anxieux, c'est qu'il doit y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond avec moi " .
Certaines personnes se disent alors qu'elles sont en train de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir folles.
Mais alors, s'il n'existe pas de danger ou de menace imminente, pourquoi se met-on dans un état d'anxiété ?
Ces symptômes ne sont pas uniquement causés par la peur immédiate. Il semble que des événements liés à l'histoire de l'individu, à son environnement, son mode de vie puissent être en cause. Le stress, la re-souvenance d'événement traumatiques dans certains types de situations vont provoquer une augmentation de la production d'adrénaline et d'autres substances chimiques qui, de temps à autres, déclenchent les symptômes d'anxiété.
Si les problèmes d'origine ne sont pas dénoués, il arrive même que les symptômes physiques causés par l'anxiété fassent peur à la personne concernée (c'est le cas dans les crises de panique). S'instaure alors une espèce de boucle infernale dont il est bien difficile de sortir.
Selon la théorie psychanalytique, l'anxiété serait la manifestation d'un conflit inconscient, d'une crainte, d'un événement psychologique troublant qui s'est produit durant l'enfance ou l'adolescence. Chez certaines personnes, la manière dont elles ont appris à faire face de façon adaptée ou non aux événements difficiles de cette période de leur vie pourrait entraîner une prédisposition à l'anxiété, avec une réactivation automatique de celle-ci dès qu'une situation évoque l'événement traumatique premier.
Les chercheurs en neurosciences quant à eux, soulignent l'importance de l'hérédité et de la biochimie du cerveau et mettraient en cause des déséquilibres biochimiques dans la prédisposition aux troubles anxieux.
LES TROUBLES ANXIEUX
L'ANXIETE GENERALISEE
LA PHOBIE SOCIALE
LE TROUBLE PANIQUE
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L'AGORAPHOBIE
LES OBSESSIONS-COMPULSIONS (TROUBLES OBSESSIONNELS-COMPULSIFS " TOC ")
LE STRESS POST-TRAUMATIQUE
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L'ANXIETE : LE
PRIX A PAYER POUR LA LIBERTE
Nos philosophes contemporains se sont interrogés sur un tout autre aspect de l'anxiété : celui de son rapport à la condition d'homme libre.
L'anxiété ne serait-elle pas le prix à payer pour entrer dans une société non plus traditionnelle mais démocratique et individualiste, société de compétition forcenée et société où la place de chacun n'est pas fixée à l'avance, où " chacun est condamné à être libre et maître de sa propre destinée" ?
La " condamnation à la liberté " pourrait en effet s'avérer anxiogène car le fait d'être protégé par un groupe, d'y avoir une place précise, est en soi rassurant.
Emile Durkheim, sociologue, constatait, lui, que le taux de suicide baissait en temps de guerre ou de luttes sociales car en période de conflit, l'individu semble retrouver un rôle à jouer et participe ainsi à une mobilisation collective.
L'action et le renforcement de l'identité constituent donc sans nul doute un remède à l'anxiété (et à la dépression, son corollaire).
Par rapport aux cultures qualifiées naguères de primitives, qui offrent un monde plus apaisant dès lors que les émotions y sont canalisées par des rites, des coutumes, des places assignées, il semble que l'homme moderne ne puisse plus bénéficier pleinement, quant à lui, du soutien du groupe et ait à porter désormais seul " le poids du monde et de sa condition d'homme ". |
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LA DEPRESSION
INTRODUCTION Omniprésente dans les troubles du comportement alimentaire, la dépression est multiforme. Qu'elle soit décelable au premier plan ou dite " masquée ", elle devra toujours être sérieusement prise en considération et traitée rapidement afin d'éviter une évolution chronique. Selon une étude du CREDES publiée en 1999, 15 % des français seraient dépressifs. Il est en revanche difficile de dire si cette pathologie est en augmentation, compte tenu non seulement des différences existant dans le type de méthodologie employée mais également dans la nature des déclarations faites par les personnes interrogées qui ont largement tendance à confondre dépression avec anxiété (souvent associées) et dépression avec tristesse, le sentiment de tristesse constituant une réaction émotionnelle normale à la suite de la perte d'un proche ou d'une déception mais ne s'inscrivant pas dans la durée. I. DEFINITION L'état dépressif est caractérisé principalement par la persistance d'un sentiment de lassitude et de désintérêt généralisé qui résulte de l'interaction de facteurs organiques, génétiques, psychologiques et sociaux. L 'évaluation de ces facteurs constitue l'un des grands problèmes auxquels sont confrontées les sciences du cerveau et du comportement. Il ne s'agit pas d'une faiblesse ou d'un défaut de caractère mais bien d'une véritable maladie ayant des répercussions graves sur l'individu, dont les symptômes sont reconnus et nécessitent fréquemment l'adaptation d'un traitement combiné (anti-dépresseurs/thérapie). II. SYMPTOMATOLOGIE La maladie dépressive atteint l'homme et non l'organe. Le comportement habituel du patient cède la place à un autre type de fonctionnement : le comportement dépressif. Les symptômes fondamentaux sur lesquels s'appuie aujourd'hui le diagnostic de dépression sont les suivants :
Tendance à l'inertie
Le rapport au plaisir
La perturbation du processus de pensée
Symptômes physiques (ou somatiques) Ils sont toujours au premier plan de la dépression dite " masquée ". Les signes généraux
Les signes de localisation
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III. FACTEURS
Certains épisodes douloureux précèdent l'apparition d'un état dépressif mais le déclenchement n'est pas immédiat. Il y a en général une période de latence de quelques mois qui peut faire croire, à tort, que l'individu a " bien réagi ". Les événements les plus fréquemment impliqués dans ce processus sont des expériences de perte, au sens large du terme : perte ou éloignement d'un être cher, d'un objet, d'un animal familier, d'une fonction (mise à la retraite, chômage), d'un organe (ablation), rupture d'un lien affectif. D'autres situations constituent des facteurs de risque, ainsi les conflits personnels ou professionnels, la mésentente conjugale ; il peu s'agir aussi d'un changement de poste, de travail imposant une activité nouvelle que le patient ne se sent pas à même de maîtriser ou, inversement, du maintien dans un poste sous-qualifié. A. Facteurs déclenchants Perte d'un proche
Séparation
Problèmes professionnels
Maladies organiques
Troubles dépressifs de la puerpéralité
Troubles dépressifs de la ménopause
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B. Facteurs psychologiques
Du point de vue psychanalytique, la dépression est interprétée comme la rencontre d'un événement traumatique (l'expérience de perte) et d'une prédisposition de l'individu. Deux conditions sont ainsi requises pour son apparition : la valeur subjective de la perte et les caractéristiques de la personnalité. La perte est considérée dans sa dimension symbolique et il faut tenir compte d'événements apparemment banaux en soi, mais qui revêtent aux yeux de la personne déprimée une valeur particulière. Seule une analyse strictement individuelle permet donc de faire surgir d'une apparente continuité l'épisode qui a réactivé des expériences passées de perte ou d'abandon. Cependant, même sans motif précis, le déprimé n'en ressent pas moins un sentiment de perte. L'expérience dépressive réalise en soi une expérience de perte. Au cours de son développement psycho-affectif, l'individu acquiert une aptitude fondamentale à la séparation, au seuil, à la déception, c'est à dire à la perte au sens large du terme : il perd progressivement l'illusion infantile de sa toute puissance et prend conscience de la réalité et de ses limites ; en même temps, il tend à réduire ses exigences et se forge peu à peu des idéaux à sa mesure. Cet abandon des illusions infantiles s'effectue précocement dans la relation avec la mère : vers la deuxième année de sa vie, l'enfant réalise progressivement que sa mère est un être différent de lui-même, une source de satisfaction mais aussi de frustration. Il éprouve donc envers elle des sentiments contradictoires, marqués par l'ambivalence qui caractérise toute relation humaine. La qualité du lien qui unit l'enfant à sa mère est essentielle pour assurer la maîtrise de cette ambivalence : le souvenir des expériences heureuses passées avec elle lui permet de surmonter sa frustration (son impuissance) et d'accepter les aspects les plus douloureux de leur relation, notamment la séparation. Parallèlement à l'effondrement de l'image de mère idéale, toute puissante et toujours bonne, l'enfant voit sa propre image se modifier : il abandonne sa mégalomanie, entrevoit et accepte ses faiblesses et ses défauts, comme il a accepté ceux de sa mère. Cette tolérance tant envers soi-même qu'envers autrui est la condition nécessaire pour que l'enfant développe la capacité d'être seul (le lien subsiste même dans l'absence) et renforce sa résistance aux blessures d'amour-propre (il persiste, malgré tout, à se sentir digne d'être aimé). Or, la personnalité du déprimé est marquée par une grande vulnérabilité à la perte. Que l'on insiste sur son incapacité à contrôler l'ambivalence de sa relation avec autrui ou sur la persistance d'un Moi mégalomaniaque infantile, on retrouve toujours des exigences inhumaines, idéales, infligées par le déprimé à lui-même et/ou aux autres. Ce type de relation où l'ambivalence n'est pas maîtrisée, tandis que persistent des scénarios " tout bon " et " tout mauvais " issus de la petite enfance, alimente la vulnérabilité au conflit et à la perte. Certains auteurs estiment que c'est dans l'idéal du moi qu'il faut chercher la prédisposition à la dépression. La persistance d'un idéal du Moi mégalomaniaque soumet le déprimé à l'impératif de perfection, reflet, semble-t-il, du modèle que se constitue l'enfant par imitation de ses parents perçus comme parfaits : au regard de ce modèle, il considère que ses propres réussites resteront toujours insuffisantes ; cette auto-condamnation est renforcée par l'attitude critique du père et de la mère. Ces quelques éléments apportés par la psychanalyse constituent des points de repère dans l'analyse des pensées du déprimé et des scénarios inconscients qui les sous-tendent. Il faut mentionner, par ailleurs, l'importance du réseau social, qui constitue un support protecteur contre une réponse dépressive. Famille, amis, loisirs, sont autant d'éléments qui offrent au sujet un soutien face au risque dépressif, alors que l'isolement est un facteur de vulnérabilité. Il ne faut donc pas sous-estimer l'importance des facteurs psychologiques en jeu pour mettre en place ce tissu de relations amicales.
Le traitement de la dépression se fonde sur l'association de thérapeutiques biologiques et de stratégies psychothérapeutiques, d'où l'appellation de traitements bidimensionnels ou combinés. Chaque expérience dépressive est unique, aussi convient-il de déterminer les stratégies en fonction de chaque cas. Il n'est pas toujours possible, ni souhaitable, de commencer un traitement en ambulatoire (hôpital). Lorsqu'une hospitalisation se justifie, les raisons en sont soulignées au patient et à sa famille afin de s'assurer leur collaboration, garante d'une bonne prise en charge. A. Traitements biologiques Anti-dépresseurs
Les électrochocs ou sismothérapie
Psychothérapies d'inspiration psychanalytique
Psychothérapies cognitives
CONCLUSION Le passage à la chronicité est l'un des risques
majeurs de la maladie dépressive, il est donc essentiel de ne pas
attendre pour consulter les professionnels concernés
(thérapeute/psychiatre) car il ne fait aucun doute que ce retard
constitue un élément de résistance au traitement et nuit grandement
à son efficacité.
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L'ANGOISSE ou la douleur de l'esprit
Tandis que l'anxiété simple est un sentiment d'inquiétude, voire de panique, devant un péril que l'on peut définir au moins approximativement, l'angoisse elle surgit sans sujet, sans raison et même sans prétexte.
L'angoissé ne sait pas pourquoi il est angoissé. Dans l'accès, il éprouve l'impression physique et psychique -extrêmement dramatique- d'un danger énorme et inconnu qui s'avance. Il est dans l'attente d'une catastrophe imprévisible mais presque inéluctable.
Freud dans son ouvrage " Inhibition, Symptôme et Angoisse " (1926) nous décrit ainsi l'angoisse: " l'angoisse (…) a pour caractères inhérents l'indétermination et l'absence d'objet ; dans l'usage correct de la langue, son nom lui-même change lorsqu'elle a trouvé un objet : il est remplacé par celui de peur ".
L'angoisse se définit donc comme "un sentiment pénible d'attente d'un danger imprécis et mal définissable, une " peur sans objet ".
La crise d'angoisse
Nommée également "attaque de panique" ou plus spécifiquement " névrose d'angoisse ", elle se traduit par l'installation brutale - sans circonstance déclenchante - d'un état d'anxiété intense, qui va souvent de pair avec une peur de mourir de façon imminente ou de perdre la raison ; parfois la conscience de l'individu est défaillante au point qu'il ne sait pas qui il est ou en quel endroit il se trouve. Cette angoisse s'accompagne d'une oppression thoracique et d'un resserrement épigastrique et laryngé très caractéristique (sensation de boule dans la gorge).
Le mot angoisse (du latin angustiae, étroitesse, resserrement ; Angst en allemand) fait précisément ressortir la gêne, l'étroitesse de la respiration au moment où se produit l'accès.
Peuvent s'ajouter à ces symptômes un tremblement, des palpitations, une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle. Cet état intense d'anxiété peut devenir chronique ou généralisé. Il correspond alors à un sentiment durable de tension interne, de peur et d'insécurité qui perturbe la vie sociale du sujet en l'empêchant de se concentrer et de continuer à nouer des relations avec son entourage.
Le traumatisme de la naissance : prototype de toutes nos angoisses ?
D'Otto Rank à Freud, nombreux sont les auteurs qui considèrent que l'expérience que le nouveau-né fait du traumatisme de la naissance est à l'origine de l'angoisse névrotique de l'adulte.
Jusqu'au moment de la naissance, le bébé se trouve dans un état de plénitude. C'est le bonheur utérin, l'union primale. Tous les besoins sont satisfaits : le bébé se sent rattaché.
Il vient de passer neuf mois de sa vie dans un milieu liquide, maintenu de toutes parts par la pression amniotique, sans être soumis à la pesanteur.
Au moment de la naissance, les contractions utérines sont telles qu'elles le mettent dans un état de contrainte extrême.
Puis, il s'engage dans le canal utérin où, là encore, la pression physique est considérable, avec certainement un sentiment très fort de suffocation. Il lui faut donc livrer bataille pour sa survivance.
Dernière étape, celle de la naissance à proprement parler, où il est d'un coup projeté dans le monde aérien, à la manière d'un astronaute qui aurait perdu sa combinaison spatiale.
Il s'agit là d'une chute dans un vide angoissant qui ne prendra fin que lorsqu'il aura perçu, dans un futur encore bien lointain, le sens intime de sa peau et de ses limites corporelles propres. Dans l'intervalle, c'est le contact et la chaleur du corps maternel qui reconstitueront l'" enveloppe de suppléance " la plus proche de l'état antérieur.
Le cordon ombilical coupé, le bébé se trouve pour toujours séparé de ce qui l'englobait (c'est le " paradis perdu "). Désormais, le voilà pris en charge de l'extérieur et non plus de l'intérieur, coupé de ce qui le contenait, le nourrissait, le réchauffait.
De cette étape, on ne se remet pour ainsi dire jamais. Cet état d'angoisse, de détresse psychique, de séparation, nous le revivons tous, à des degrés différents, dans notre vie de tous les jours.
L'angoisse
Freud, dans son ouvrage intitulé " Inhibition, symptôme et angoisse " attribue la source de l'angoisse à la crainte de la séparation et de la perte d'objet (à l'origine l'amour de la mère).
Selon lui, l'angoisse est un état de détresse psychique du moi devant un danger qui le menace, danger qui réveille la détresse psychique et biologique éprouvée par l'enfant en l'absence de sa mère, personne aimée et ardemment désirée. Freud fait donc de la crainte de la séparation le prototype même de l'angoisse.
Par la suite, lorsque l'individu se met à la recherche de nouveaux objets, il cherche non seulement à trouver un objet, selon Freud, mais à retrouver l'objet originel perdu (" paradis perdu "), qui avait autrefois apporté une satisfaction réelle.
Lorsqu'on parle de séparation dans un contexte de relation entre personnes, l'angoisse de séparation normale correspond au sentiment douloureux de crainte éprouvé par un individu lorsque la relation affective, établie avec une personne importante de son entourage, se trouve menacée d'interruption ou est interrompue.
Il peut s'agir d'une interruption par suite de la perte du lien affectif (perte d'amour) ou d'une rupture consécutive à une perte réelle de la personne importante. On parle plutôt de séparation lorsque la perte est provisoire, et de perte lorsque celle-ci a un caractère définitif. Cependant, les fantasmes de séparation tendent à se confondre avec ceux de perte, et la séparation est alors vécue comme une perte. |
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Ne pas dormir ou la peur imminente de sa propre mort
Le sommeil, en psychanalyse, correspond à une pulsion de "mort". Il existe les pulsions de "vie", celles qui nous gèrent au quotidien et qui en général prennent le dessus. Le sommeil répond à une pulsion de mort (inactivité inconsciente où l'on ne maitrise plus rien, à commencer par ses rêves).
L'insomniaque s'empêche de répondre à cette pulsion de mort : moins il dort et plus, inconsciemment, il se persuade qu'il est encore en vie. C'est d'ailleurs le cas des bébés qui pleurent la nuit, bien souvent pour répondre à l'angoisse des parents : dire que tout va bien, "tu vois maman, c'est la nuit et je suis en vie, alors rassure-toi, il ne m'arrive rien". Pourtant le sommeil répond à un besoin physiologique. Paradoxe de la situation, si l'on ne dort pas on finit par mourir.
Peur de la mort ou peur de mourir
La peur de la mort n'est pas la même chose que la peur de mourir. La mort est prise comme entité, représentée et nommée comme s'il s'agissait de quelqu'un. Certaines légendes la représente comme "la faucheuse", elle vient et vous emporte : ce n'est pas vous qui décidez et c'est là que l'angoisse prend son sens. Comme si c'était quelqu'un qui décidait pour vous le moment où vous ne serez plus sans finalement vous "demander votre avis", or sa vie n'est ce pas le principal élément de soi ? Sans la vie on ne peut être. La peur de la mort ce serait la peur de ce qui est "nommable" sans pour autant prendre un sens concret, un voyage vers l'inconnu que l'entendement ne pourrait atteindre.
La peur de mourir est plus à rapprocher d'une angoisse à vivre, de cette incapacité à profiter pleinement des événements de son existence, incapacité liée pour certaines aux difficultés rencontrées durant l'enfance ou à la suite de traumatismes survenus à l'âge adulte. Lorsque cette peur est trop grande et qu'elle donne lieu à des comportements phobiques, il est important d'aller consulter afin de mieux repérer les événements en cause. |
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Le stress
Depuis de nombreuses années déjà, le mot " stress " est entré dans notre vocabulaire quotidien. Il arrive parfois que les enfants eux-mêmes l'utilisent lorsqu'ils se préparent à des épreuves scolaires.
Cette soudaine célébrité est-elle un phénomène de mode citadin ou répond-elle en fait à un problème de fond lié à notre époque ?
En fait, la notion n'est pas nouvelle et il est bien possible que notre civilisation génère davantage de stress qu'autrefois. Nous vivons dans un monde plus complexe, où les événements se déroulent à un rythme accéléré et exigent de nous des décisions plus rapides, où les exigences de performance sont élevées (ne pas y satisfaire peut nous marginaliser très vite), où les changements sont fréquents et les repères de moins en moins visibles.
DES ORIGINES DU MOT, DE LA NOTION DE STRESS
Le mot stress nous vient du latin " stringere " (serrer), puis du vieux français " estrece " qui signifiait " étroitesse, oppression ". Apporté en Angleterre par les envahisseurs normands, il a donné le mot " stress " qui a pendant longtemps, évoqué des phénomènes physiques de pression mécanique, comme par exemple la pression exercée sur une poutre ou une arche de pont.
Dans les années 50, un chercheur canadien d'origine hongroise, Hans Selye, dans un ouvrage intitulé " The stress of life ", applique pour la première fois le terme de stress aux phénomènes manifestés par des êtres vivants soumis à des agressions de l'environnement. A partir de ce moment, le terme va connaître une fortune croissante, sans doute en raison de son adéquation complète avec nos modes de vie contemporains.
QU'EST-CE EXACTEMENT QUE LE STRESS ?
On peut dire qu'il s'agit de la réponse de l'organisme en vue de s'adapter à toute demande de son environnement.
Le stress, c'est tout ce qui se passe en vous lorsque vous devez faire face aux exigences rencontrées sur votre chemin. C'est donc un processus normal et inévitable : vivre normalement, c'est accepter de rencontrer des circonstances pouvant s'avérer stressantes.
Les trois phases de réaction
Ces trois phases correspondent souvent à des aspects moins dramatiques de notre vie. Par exemple, en milieu professionnel : annonce d'un gros surcroît de travail (alerte), efforts importants pendant plusieurs jours pour le faire vite et bien (résistance), démoralisation face à la difficulté de mener la tâche à bien et besoin de se reposer (épuisement).
LES STRESSEURS
Le stresseur est l'événement qui déclenche la réaction de stress. Il apparaît dans votre environnement : votre voiture tombe en panne, une lettre de rappel arrive, une dispute avec un collègue ou un conjoint survient, etc….
On note deux catégories de stresseurs :
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CONSEQUENCES DU
STRESS
Réactions psychologiques
Réactions physiologiques
Réactions comportementales
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QUE FAIRE FACE
AU STRESS ?
Le problème des réactions de stress vient avant tout du fait que ces réactions sont en grande partie innées, non contrôlées et souvent non conscientes et non identifiées.
Nous nous apercevons en général beaucoup trop tard de nos symptômes de tension physique, au moment où ils se sont accumulés : c'est en fin de journée ou de semaine qu'apparaissent les maux de dos, maux de tête, maux de ventre, sentiment de lassitude, de découragement, d'irritabilité, etc…
Alors, plus tôt on identifiera ses réactions de stress, mieux l'on pourra y faire face. Mais plusieurs obstacles existent : souvent, on ne prend même pas le temps d'écouter son corps. Par ailleurs, il n'est pas facile de s'avouer que les événements ont un impact émotionnel et physique sur nous.
Dire tout simplement : j'ai eu peur, j'ai été ému, j'en tremble encore est perçu parfois (surtout chez les hommes) comme un aveu d'infériorité. Toujours la même vieille équation erronée : être stressé, c'est être faible, manquer de maîtrise.
Alors, quelle est la solution ?
Mettre en place une réponse de relaxation instantanée
Mettre en place des activités physiques et/ou intellectuelles régulières
Un des éléments clé pour faire face au stress est également le principe d'auto-observation.
Ainsi, pour mieux anticiper la réaction faut-il :
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Drogues et toxicomanies
Trois parties pour ce dossier :
LES OPIACES
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LA MORPHINE
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LA COCAÏNE
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Le Crack
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Le cannabis
L'Ecstasy
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Le L.S.D.25
Les amphétamines ou speed
Les poppers
Le GAMMA OH ou le GHB
Kétamine ou Spécial K
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Le protoxyde
d'azote ou gaz hilarant
Peyotl et mescaline
Les champignons hallucinogènes
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Introduction
Les différentes théories et pratiques :
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Il y a encore quelques années la toxicomanie était traitée principalement en psychiatrie. Ça n'est que depuis quelques années que des centres spécialisés en soin aux toxicomanes se sont ouverts et que des services de médecine générale ont accepté de recevoir et de soigner des toxicomanes.
LES TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX
Les cas d'urgence
Les sevrages
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Les traitements
de substitution (ou de maintenance).
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Le toxicomane aux urgences
En cas d'overdose
Autres éléments du traitement de la toxicomanie
La prise en charge psychologique
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Alcoolisme
GENERALITES - CONDUITES ADDICTIVES
Le terme de dépendance désigne un état pathologique qui se révèle par l'arrêt de la prise d'un toxique, et qui produit des symptômes d'abstinence. La crainte de l'apparition du syndrome d'abstinence est une des raisons impérieuses qui amènent le sujet à répéter sa consommation. Le terme anglais d'addiction est utilisé aujourd'hui comme synonyme de toxicomanie, assuétude ou accoutumance. Il désigne toute conduite de consommation d'une drogue provoquant une dépendance psychique et/ou physique. On utilisera ici comme synonymes les termes d'addiction et dépendance.
L'addiction désigne la relation de contrainte qui s'établit entre un individu et un objet. La qualité du lien qui s'instaure et les conduites qui en découlent apparaissent non rationnels et non raisonnables. La notion d'addiction amène à prendre en compte 3 points : l'objet, le sujet (sa vie psychique), et le lien qui s'établit entre eux.
1. Caractère transnosographique des addictions
Schématiquement, on peut considérer :
Ces 2 types de facteurs vont interférer, s'entrecroiser, se majorer, se renforcer.
On reconnaît aujourd'hui le caractère transnosographique des addictions. Il n'existerait pas de structure dépendante type. La référence à la psychologie individuelle, pour indispensable qu'elle soit, ne rend pas compte de l'émergence de l'addiction, et n'explique pas pourquoi certains sujets ont eu recours à de tels moyens d'expression, plutôt que de rester dans le cadre habituel des expressions symptomatiques propres à la catégorie psychopathologique à laquelle ils sont censés appartenir. Il y aurait donc une problématique spécifiquement liée à ce recours à l'addiction, dont il s'agit de comprendre à la fois le sens et peut être plus encore les raisons propres à l'économie psychique de ces sujets qui ont rendu possible sinon inévitable le recours à ces troubles de conduites.
La dépendance se manifeste par des comportements observables. Chacun a une expérience personnelle de la dépendance (habitudes relationnelles, alimentaires). Mais il y a une différence entre une dépendance de ce type et ce qu'on appelle la dépendance pathologique. Cette différence est qualitative et quantitative.
Les caractéristiques de la dépendance pathologique sont :
Elle concerne un objet exclusif. Alors que la dépendance ordinaire en concerne beaucoup. Le sujet " normal " dépend de plusieurs objets, et peut passer avec souplesse de l'un à l'autre. En revanche, les objets de la dépendance pathologique sont peu diversifiés, et non remplaçables. Les mécanismes qui sous tendent les dépendances ordinaires sont nombreux, et varient en fonction des circonstances. Ceux qui sous tendent la dépendance pathologique sont massifs et rigides. Cependant, on aurait tort d'opposer dépendance psychique et dépendance physiologique, qui constituent deux aspects d'un même phénomène.
La dépendance dite psychique est à distinguer de la dépendance physique. Elle ne se présente pas chez tout sujet, et est donc liée à la personnalité, elle n'est pas secondaire à l'effet du produit mais à la relation du sujet à l'objet de la dépendance. Il apparaît nécessaire de comprendre la dynamique sous jacente aux symptômes pour construire un projet thérapeutique.
2. Les théories et modèles des addictions
Une théorie est toujours réductrice, elle ne prend en compte que les tendances générales. Ainsi aucun des modèles proposés ne peut rendre compte en totalité de la structure psychologique d'un individu. Il est souvent nécessaire d'associer plusieurs modèles pour essayer de cerner les tendances multiples et contradictoires qui expliquent la structure de l'inconscient. Les théories concernant les conduites addictives sont nombreuses. Elles fournissent des repères pour aider à répondre aux questions suscitées par l'observation clinique. Le rôle, important, de la théorisation est de garder la réflexion en éveil, démarche créatrice qui se nourrit de la démarche clinique et tente de la comprendre.
3. Economie psychique de la dépendance
Si un sujet ne peut pas se passer d'un objet, c'est que cet objet lui apporte une satisfaction, et que son absence entraîne une insatisfaction. Il s'agit d'essayer de comprendre pourquoi cette satisfaction est exclusive et impérative.
On peut décrire 3 mécanismes. Mécanismes qui ont été analysés de façon variable, il existe de nombreux modèles construits sur cette base.
- Recherche de l'obtention d'un plaisir
- Le narcissisme. Obtention d'un état d'élation avec sentiment de toute puissance
- L'apaisement de tensions
Ainsi la conduite addictive peut être vue comme la recherche extérieure d'un apport dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu'il ne peut trouver au niveau de ses ressources internes. L'addiction désigne alors un processus plus qu'un comportement, processus qui fonctionne à la fois pour produire du plaisir et pour fournir une issue à un inconfort interne. Processus qui est utilisé sur un mode caractérisé par un manque répétitif du contrôle du comportement, et par la répétition de ce comportement, malgré ses conséquences négatives. Pour que le sujet puisse rechercher sans crainte le degré zéro de tension, et s'y abandonner, pour qu'il puisse aller vers l'apaisement, il faudrait que cet apaisement des tensions ne soit pas synonyme de mort, et que donc, subsistent à l'intérieur de lui des investissements suffisamment solides pour assurer sa continuité. C'est cette sécurité interne qui semble faire défaut au sujet addictif. Les conduites addictives peuvent être vues comme des moyens pour tenter de conjurer le risque de mort par la mise en oeuvre d'une conduite agie : une reprise active pour lutter contre la passivité synonyme de mort. C'est en fait l'échec de ces conduites qui amène à la mort. C'est en cela que les conduites addictives s'avèrent avoir une fonction auto-thérapeutique. Même si elle échoue en grande partie.
4. L'objet de la dépendance
Il s'agit de l'objet que le sujet cherche à se procurer : nourriture, alcool, produit psychotrope… Mais ce que poursuit le sujet toxicomane, alcoolique ou boulimique, c'est quelque fois autre chose, et par exemple, une certaine relation aux autres. Il semble que parfois, ce soit plus le statut de toxicomane qui soit recherché que la drogue elle-même. On note que la dépendance s'inscrit dans un contexte relationnel, familial ou social. On distingue schématiquement deux types de situations : Celles dans lesquelles le sujet " à son insu met en acte les fantasmes parentaux incestueux et réalise leurs désirs mortifères à son égard, et les situations où c'est lui qui agresse sa famille ou la société et en jouit ". (1)
L'objet de la dépendance est ce dont le sujet a besoin, non pour ses qualités (et qu'il pourrait alors remplacer par un autre) mais dont il a besoin en soi. Un objet dont le sujet parle peu, car il le mentalise mal. Ce qui renvoie à l'objet archaïque. Il apparaît donc que ce n'est pas le produit qui engendre une dépendance psychique, mais le motif de son utilisation.
Les conduites addictives peuvent se comprendre comme la rencontre d'un produit, d'un sujet (une structure) et d'un moment, un contexte. |
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L'ALCOOLISME
Introduction
L'alcoolisme peut aujourd'hui être considéré comme un véritable problème de santé publique dans le monde occidental.
Il existe de nombreuses définitions de l'alcoolisme, tout d'abord parce qu'il s'agit d'une conduite pathologique complexe, qui se rattache à l'histoire de chaque individu - au point que l'on pourrait parler " des " alcoolismes, ensuite parce que de nombreux chercheurs s'y sont intéressé et ont tenté de le définir. L'alcoolisme est avant tout une addiction.
L'alcoolisme est un phénomène qui se déroule dans 3 champs différents :
Est alcoolique celui qui a perdu sa liberté de consommation face à l'alcool. Le choix est radical : ivresse ou abstinence. Ce qui distingue l'alcoolique du buveur excessif, qui lui utilise l'alcool comme rituel d'intégration, comme anxiolytique ou désinhibiteur. Et qui surtout s'arrête quand il atteint sa " dose " efficace.
1. Le concept d'alcoolisme
L'alcoolique est " ivrogne " jusqu'à la fin du 19ème, subissant le jugement des ligues religieuses de tempérance, une forte réprobation bien-pensante. En parallèle avec l'évolution de la médecine, on fait progressivement le lien entre la consommation excessive d'alcool et certaines maladies des buveurs. L'ivrogne devient un malade. Un siècle plus tard, la loi s'attache à la qualification des alcooliques : prescription d'obligation de soins, visée de modération ou d'abstinence. L'alcoolisme qualifie les conduites délictueuses par excès d'alcool. La dimension psychologique fait de l'alcoolisme un trouble psychiatrique. On en souligne le caractère compulsif et involontaire. " est alcoolique celui qui a perdu la liberté de s'abstenir d'alcool ". La sociologie dénonce l'alcoolisme comme production de la société, effet culturel. Les alcooliques créent eux-mêmes des associations de soutien, d'entraide dans un but d'abstinence complète. Les AA sont fondés aux Etats Unis en 1936. Des groupements s'organisent dans des entreprises privées ou publiques.
Toutes ces définitions, symptôme social, maladie, délit, toxicomanie, situent l'alcoolisme dans un grand flou conceptuel.
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LE PRODUIT -
L'ALCOOL - LE PARADOXE
1. Le point sur le produit
Quelques notions :
L'alcool ingéré est absorbé en partie au niveau de l'estomac. L'absorption se fait essentiellement au niveau de l'intestin grêle. L'alcool passe alors dans le sang, et se diffuse très facilement. Transporté par le sang, il traverse le foie et gagne le cœur. Via la grande circulation sanguine, il y a passage dans tous les organes. L'alcool retourne ensuite au foie où il subit un important catabolisme.
L'ivresse alcoolique typique passe par une première phase d'excitation psychomotrice simple. Le sujet ressent l'impression d'une facilité relationnelle et intellectuelle, expansivité accrue. Il y a perte du contrôle supérieur et libération des tendances instinctives. Dans une seconde phase on observe une incoordination et une instabilité avec des pensées embrouillées, une perte de l'auto-critique, une parole bredouillante, des troubles de l'attention, des désordres végétatifs, nausées, vomissements… L'ivresse peut en rester là, ou évoluer vers une troisième phase, phase de coma avec hypotonie, diminution des réflexes, mydriase, vomissements, relâchement sphinctérien. Le sujet est " ivre mort ". Ce coma peut comporter des accidents d'hypoglycémie grave, d'insuffisance respiratoire…
On décrit des ivresses pathologiques ou atypiques (quoiqu'on puisse considérer toute ivresse comme pathologique). Il s'agit d'ivresse hallucinatoires, délirantes, maniaques ou dépressives. Elles présentent un danger important, risque de suicide, ou d'hétéro-agressivité jusqu'à l'homicide.
L'alcool comme psychotrope
La sexualité
2. Le paradoxe alcoolique
" l'alcool, anxiolytique puissant, est aussi un agent anxiogène, puisqu'il majeure les angoisses persécutives. Son caractère destructeur devient de plus en plus manifeste, sans pour autant qu'il perde son caractère salvateur. L'alcool est paradoxal. C'est pourquoi les alcooliques entrant dans le circuit de soins cherchent à conserver leur alcoolisation et à rompre avec elle ". (3)
Ce caractère paradoxal filtre dans le discours des patients. " ma femme me quitte parce que je bois, mais je bois parce qu'elle me quitte ". La même chose se retrouve concernant la sphère professionnelle. Des études montrent que les alcooliques qui travaillent boivent moins que les autres. Mais travaillent-ils parce qu'ils boivent moins, ou boivent-ils moins parce qu'ils travaillent ? De même socialement : l'alcoolisme est une maladie sociale, mais l'individu alcoolique est exclu de la société. La société encourage la consommation d'alcool et interdit l'alcoolisme. la justice rend l'alcoolique responsable, mais l'oblige à des soins psychiatriques.
" on pourrait dire schématiquement que la société française tend à protéger les alcooliques, surtout les hommes, par la valeur culturelle qu'elle accorde à l'alcoolisation virile. Ils font partie du monde des buveurs. L'alcoolique est d'abord engagé à boire, on se moque de lui s'il refuse. Ensuite on le montre du doigt s'il ne peut pas se modérer. Cette ambiguïté se retrouve encore davantage dans l'entreprise ou l'institution qui emploie l'alcoolique : l'alcoolisme, au sens médical de lésion entraînée par l'alcool, sera pris en charge, mais la dépendance psychique sera considérée comme une faute professionnelle. La justice a la même double face : l'alcoolique est reconnu comme responsable de ses actes, mais il doit se soumettre à des soins psychiatriques comme un malade mental. La société finit par reconnaître que l'alcoolique ne peut boire modérément et lui demande donc l'abstinence, lui offrant accès aux groupe d'abstinents, nouvelle possibilité d'insertion. si l'alcoolisation catastrophique continue, l'appartenance au groupe social des exclus attend les alcooliques irréductibles. Un très grand nombre de clochards sont des alcooliques qui échappent ainsi à la maladie mentale pour avoir un certain " statut " social, de plus en plus évident de nos jours ". (3)
La pathologie alcoolique étant paradoxale, le paradoxe infiltre tout ce qui la touche. La demande de soins est elle aussi paradoxale, puisque le patient sait que l'alcool tue, mais il sent que sans l'alcool, il ne peut pas vivre.
L'ensemble verre-alcool est une représentation paradoxale de présence/absence : l'alcool disparaît sans cesse, le verre est toujours présent.
Le recours répété à l'alcool montre l'échec de la représentation fantasmatique à la fois du manque et de l'objet qui comble ce manque. L'alcool n'est pas un objet fantasmatique, il est objet réel, objet de perception. Son absence provoque une angoisse insurmontable. La théorie psychanalytique présente le fantasme comme naissant de l'écart entre le besoin (le lait) et le désir (sein maternel). De la frustration, due à l'absence de l'objet réel, naît la pensée, représentation fantasmatique de l'objet. L'alcool, lui, semble faire coller le besoin et le fantasme. Les effets physiologiques de l'alcool viennent soulager une souffrance psychologique. Dans un profond malaise, se confondent psyché et soma. " la réalité de l'objet est très fortement imprégnée du fantasme que cet objet est le seul à pouvoir répondre au manque psychique. Mais l'objet n'a pas de représentation psychique pour autant ". (3) Le fait que l'alcool ne puisse être représenté en son absence, et son surinvestissement fantasmatique expliquent la nécessité d'une constante consommation.
L'alcoolisme est donc étroitement lié à la faille de l'activité de représentation. On remarque également que cette notion est valable pour tout type d'objet-drogue. La spécificité de chaque addiction est liée aux modalités d'usage, et aux effets spécifiques de chaque toxique. " tout recours à un remède physiologique pour répondre à une souffrance psychique relève de la confusion besoin/fantasme et d'une pathologie de la représentation, quel que soit le toxique choisi ". (3) La spécificité du remède, l'alcool, son mode d'absorption et ses propriétés, répond à la spécificité de la faille psychique qu'il est appelé à colmater.
3. L'abstinence
Une particularité de l'alcoolisme. D'indispensable, l'objet-alcool devient superflu, répulsif, dangereux. Personnalisé, l'alcool devient traître, ennemi, destructeur. Dans l'abstinence, l'ambiguïté de l'objet bon-mauvais est résolue radicalement. L'abstinence représente ainsi un remaniement psychique important. L'abstinent exclut avec l'alcool la part alcoolique du Soi, celle qui demande à boire. L'abstinence peut ainsi être comparée à une amputation. Il y a chez les patients abstinents un clivage expulsif d'une partie d'eux-mêmes. Le Soi-alcool est clivé de la personnalité, projeté à l'extérieur et attaqué agressivement par la part préservée de la personnalité.
Ce seul " remède " à l'alcoolisme est paradoxal. Il faut être abstinent parce qu'on ne peut pas s'empêcher de boire. |
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ASPECTS
SOCIOLOGIQUE ET SYSTEMIQUE
Il s'agit ici de faire d'autres propositions de lecture du trouble alcoolique. Ces points de vue ne sont pas exclusifs, mais complémentaires. L'étiologie de l'alcoolisme est multifactorielle. La réalité clinique est complexe.
1.Point de vue sociologique
Selon les époques et les civilisations, l'alcool a représenté certaines valeurs. Il y a eu des cultures répressives et des cultures permissives à l'égard de l'alcool (sociétés viticoles occidentales, notamment la France). Dans les cultures permissives, l'alcool est vécu de manière mythique, avec un stéréotype positif de l'alcool ; ce qui donne un statut valorisant au consommateur, un stéréotype négatif et faible à l'égard de l'alcoolique, qui sera progressivement rejeté comme déviant.
La fonction de communication de l'alcool est majeure, surtout au sein des sociétés occidentales. L'alcoolisation fait partie, notamment en France, d'un code de politesse, contraignant pour l'abstinent, et d'un rite social global : relations familiales, amicales, professionnelles... Une forme de communication " institutionnalisée " avec le bistrot, l'apéritif élevés au rang de rite social. Pour signe, " l'arrosage " de toute promotion, réussite, départ... Le code de politesse fait obligation de l'alcool, qui prend alors fonction de " lubrifiant social ".
L'alcool a un rôle d'intronisation aux rituels sociologiques de la fête. Il apparaît comme un facteur nécessaire de la convivialité, et donc de l'intégration sociale. Ceci dans le double aspect de l'accession à une identité sociale, et pour l'homme à une certaine reconnaissance sociale de l'identité virile. L'alcool dans le rôle d'initiation au statut d'homme et d'adulte. On relève l'association symbolique travail-puissance sociale-virilité-alcool. Ce mythe de virilité peut expliquer en partie la forte réprobation liée à l'alcoolisation féminine. " l'alcool favorise l'intégration en milieu professionnel et à son prolongement sociologique, le café, dans une complicité virile où certains ont voulu voir une note d'homosexualité ". (4)
On assiste au passage de l'alcool-signifiant, liquide sacré, à l'alcool-signifié, générateur de virilité et symbole de la richesse, de l'esprit, du sang pour le vin rouge. Les facteurs religieux comptent pour partie dans cette mythologie. L'alcool dans sa fonction liturgique, ou à l'opposée, l'ivrogne en proie à la réprobation de la morale.
Le prestige du vin. En référence à Roland Barthes. " Mythologies ". " le vin est senti par la nature française comme un bien qui lui est propre... Savoir boire est une technique nationale qui sert à qualifier le français ". Un mythe qui propose une vision réduite aux seules propriétés gastronomiques et psychotropes du vin, dans la méconnaissance du caractère aliénant du vin.
Il semble cependant, quelle que soit la place du facteur culturel, quel que soit le degré de prévention, l'attitude sociale, qu'il y aura toujours des individus pour s'alcooliser sans retenue. " quelques sociétés ne distinguent pas les alcooliques des buveurs, il n'empêche que certains se détruisent avec l'alcool. D'autres cultures interdisent l'alcool, pourtant on y trouve des alcooliques. Vraisemblablement, on découvrira une prédisposition génétique, mais tout aussi vraisemblablement le gêne prédisposant ne sera pas actif chez tous ". (3)
L'alcoolisme comme maladie sociale est décrite dans la perspective d'une inscription du sujet dans la civilisation au sens où l'a définie Freud : le sacrifice systématique de la libido, son détournement par les manifestations sociales. Conception de l'alcoolisation selon laquelle la libre satisfaction des besoins instinctifs de l'homme est incompatible avec la société civilisée. Renonciation et report de la satisfaction sont les conditions mêmes du progrès. La civilisation substitue en l'homme le principe de réalité (soumission) au principe de plaisir. La culture est érigée sur le renoncement pulsionnel. Ainsi la société est à la fois société répressive et société de consommation. En échange de la liberté, elle apporte la consommation, expression substitutive et trompeuse de la contrainte sociale et de la réglementation du plaisir. En échange du don par l'individu de son énergie créatrice à la production de marchandises, la société lui offre un secteur restreint de plaisir hors du temps de travail, sous une forme qui ne peut être qu'une marchandise. Le refuge dans l'alcool est alors perçu comme tentative de retrouver la source instinctuelle du plaisir, et comme transgression du contrat social. L'alcoolisme apparaît donc dans le sens freudien comme un symptôme du malaise dans la civilisation. On relève toutefois que l'angoisse fondamentale existentielle est propre à l'homme de tout temps, et qu'elle ne découle pas nécessairement d'un statut économique particulier.
" la vie telle qu'elle nous est imposée est trop dure pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déception, de tâches insolubles. Pour la supporter, nous ne pouvons pas nous passer de remèdes sédatifs. Ces remèdes, il en est de trois sortes : de puissantes diversions qui nous permettent de faire peu de cas de notre misère, des satisfactions substitutives qui la diminuent, des stupéfiants qui nous y rendent insensibles " (Freud " Malaise dans la culture).
2. Aspect systémique : conjugal et familial
L'implication de la famille dans le processus alcoolique constitue un trait spécifique de cette pathologie. L'environnement familial joue un rôle important dans les habitudes de consommation d'alcool. Les approches familiales et systémiques ont montré le rôle que jouaient la famille et le conjoint dans l'alcoolisme. Le comportement alcoolique n'est donc plus uniquement pensé comme une pathologie individuelle, en termes intrapsychiques, mais également comme un problème d'interaction au sein du groupe. Ainsi, il n'existe pas d'alcoolique indépendamment du système de relations dans lequel il vit/a vécu. L'alcoolisme peut être pensé comme une " maladie de système ".
De nombreux auteurs ont élaboré des théories autour du thème " alcoolisme et famille ". L'utilisation d'alcool aurait ainsi des conséquences adaptatives : dans un premier temps, le sujet et son environnement fonctionnent mieux du fait de l'utilisation d'alcool. Ces conséquences positives ont un effet de renforcement, et maintiennent l'alcoolisation. Les familles comprenant un ou plusieurs membres alcooliques atteindraient un niveau d'équilibre, et par des mécanismes intra-familiaux, tenteraient de maintenir cet équilibre. Par conséquent, tout effort de l'un des membres du groupe pour modifier son rôle habituel menacerait l'homéostasie familiale et provoquerait des efforts renouvelés pour maintenir le statu quo. C'est-à-dire qu'aux efforts réalisés par l'alcoolique pour se sortir de sa dépendance s'oppose la force de la famille.
L'abus d'alcool assure des fonctions adaptatives qui se renforcent et confortent dans l'habitude de boire. Il apparaît ainsi fondamental de tenir compte des différents niveaux de fonctionnement du couple, des familles d'origine, ainsi que des processus psychiques, pour mettre en place une thérapeutique cohérente. Il s'agit de prendre en compte les facteurs de maintien de l'alcoolisme, la fonction que remplit l'alcool. |
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3. La
dynamique alcoolique Un modèle de compréhension : le concept d'autonomisation.
Ce modèle permet d'ordonner les différents types d'alcoolismes suivant la temporalité du recours à l'alcool : antérieur ou postérieur à la prise d'autonomie du sujet par rapport à sa famille d'origine. Cela permet également de distinguer différentes constellations d'organisation familiales. L'autonomie se comprend ici dans le sens de la génération et l'affirmation de sa propre identité. Etre autonome, c'est se prendre soi-même en charge, être capable de gérer sa vie, assurer son identité et sa continuité, maintenir ses limites et affirmer sa différence. Le moment du passage de l'âge adolescent à l'âge adulte est particulier. C'est une zone de turbulences, au cours de laquelle l'apparition de pathologies signe la difficulté ou l'incapacité à passer le cap.
Le modèle de Stierling propose une compréhension systémique et analytique de l'alcoolisme. Il distingue 3 conditions à la définition de l'autonomie :
Le travail :
L'amour :
La distance :
Accomplir ces 3 tâches constitue un véritable travail psychique. S'y ajoute la croyance des parents en la capacité de leurs enfants à se réaliser et à s'autonomiser. Les drogues sont une alternative pour échapper au dilemme de quitter la famille et de nouer des relations sociales.
Ce concept d'autonomie est difficile à évaluer. On observe plus facilement le manque d'autonomie, ici, la dépendance. De là, on distingue 3 types d'alcoolismes :
Le type 1 : alcoolisme précoce ou pseudo-toxicomaniaque
Le type 2 : l'alcoolisme conjugué
Le type 3 : l'alcoolisme désinséré
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PERSPECTIVES
THERAPEUTIQUES
1. L'institution de soins comme tiers pseudo-organisateur
Les failles psychiques précédemment évoquées renvoient à une perturbation du développement précoce, perturbant les acquisitions ultérieures. L'amour et la haine restent confondues, à cause de l'ambiguïté de l'objet partiel, les différenciations de genre et de sexe sont précaires, comme les identifications. La triangulation oedipienne est perçue mais évitée comme une perturbation insupportable. L'Œdipe entraîne une régression aux angoisses primitives, et donc, à l'alcoolisation. La relation à la loi est semblable à la relation à l'alcool. Le sujet l'approche et la fuit tout à la fois dans la consommation excessive. " il est cependant un tiers qui vient donner une certaine organisation aux alcooliques en remplacement d'une loi symbolique, c'est le tiers institutionnel ". (3) L'hôpital peut parfois être pour ces patients un " cocon ", une enveloppe protectrice. L'institution peut prendre une fonction contenante et pseudo-organisatrice.
2. Circonstances de consultation
La rencontre avec le monde médical se fait souvent dans l'urgence. Le patient peut venir seul, motivé par un sursaut de sa part saine adaptative, déterminée à le sortir de l'alcool. La demande est celle de " l'amputation " de la part alcoolique du soi. Il y a clivage radical entre une bonne et une mauvaise part de soi. Le sujet peut également être acculé à la consultation par la pression de l'entourage. Le demandeur change, mais la demande est la même. C'est de l'alcoolique qu'il faut amputer le corps familial. Le clivage est radical entre le bon-familial et le mauvais-alcoolique. Se pose alors la question de la motivation personnelle. Une intervention extérieure, policière, peut également réaliser la séparation de l'alcoolique et du corps social.
La demande se situe souvent, comme le symptôme, dans l'agir : " faites quelque chose ! ". Le but poursuivi par le corps médical, les soignants est la survie du patient et sa réinsertion. L'alcoolique sait que l'abstinence lui est demandée. Mais lui-même n'est pas toujours au fait de sa propre demande ou de ses propres possibilités. La demande du soignant peut donc introduire une certaine dissymétrie. Le patient est tiraillé entre la nécessité de maintenir son symptôme et l'appel à l'amputation d'une part de lui-même.
3. L'interaction patient-alcool
Il s'agit d'en distinguer les composantes. La sémiologie du patient alcoolique varie en fonction de la place qu'occupe l'alcool, et les maladies alcooliques. L'alcool engendre des effets autres que psychologiques, même si on ne perçoit pas d'atteinte somatique. L'alcool a toujours des effets physiologiques. Chez le sujet alcoolique lui-même, les aspects psychologiques et physiologiques sont indifférenciés. Certains patients apparaissent comme préservés d'atteinte somatique. Ils semblent échapper à la maladie somatique. D'autres seront atteints très jeunes d'une maladie liée à la consommation d'alcool.
4. La psychothérapie
Le but de toute psychothérapie est de permettre au patient d'arriver à contenir sa pathologie et d'en assurer la gestion. Le psychothérapeute tient un rôle de contenant provisoire. Il ouvre un espace potentiel dans lequel le patient va pouvoir se penser, se recréer.
La première question qui se pose du projet thérapeutique. Le projet du sujet alcoolique. Lorsque l'entrée en institution s'est faite par la contrainte de l'entourage ou dans l'urgence, le projet peut être par exemple d'établir une alliance pour que le sujet se représente de lui-même. La prise en charge doit permettre que l'institution devienne pour le sujet un lieu de réorganisation. |
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5. La prise en
charge. La question de l'abstinence
Les approches pathologiques et psychanalytiques expliquent que le symptôme alcoolique ne peut que se transformer et non pas disparaître. On peut se demander s'il est possible de modifier en profondeur la problématique alcoolique. Il faudrait que les angoisses archaïques et le statut de l'objet-alcool se modifient suffisamment pour que l'alcool perde sa place indispensable. La plupart du temps, la modération de la consommation apparaît comme un leurre. L'impossibilité à boire modérément est résolue par le fait de ne plus boire du tout. Ce qui constitue la modalité inverse du symptôme.
Le sujet vit une crise profonde concernant sa situation, sa demande de soins. Crise entre la nécessité de se sevrer de l'alcool, la difficulté à être abstinent, et le besoin impérieux de boire. Cette crise ne se résout pas avec la prescription d'abstinent. La sortie de cette crise est d'autant plus longue à venir que le sujet ne peut anticiper les bénéfices de l'abstinence, relation de cause à effet qui lui échappe. Les rechutes sont nécessaires au processus, et peuvent être bénéfiques si le patient est déculpabilisé. Elles sont des expériences inévitables, non une mise en échec, ce que doit également accepter le soignant.
La honte, intense, est un élément qui vient compliquer la situation. La demande d'alcool est devenue un automatisme. La non-maîtrise de soi sous le regard d'autrui génère une souffrance et une honte importantes. Le patient ne peut maîtriser son agir alcoolique. Il se heurte alors au clivage entre le discours de la consultation et l'automatisme alcoolique. Ce n'est que par la répétition des rencontres que la substitution de l'abstinence à l'alcoolisation pourra se faire. " Si l'abstinence s'inscrit et peut se maintenir afin de sauver la vie et l'insertion du patient, c'est par la rigidité de l'incorporation du rejet de l'alcool en place de l'automatisme de boire ". (3)
La prescription d'abstinence est indispensable lorsque la vie du sujet est en danger. Elle est le fait de l'autorité médicale. Elle répond à un état pathologique dans le présent. La psychothérapie, elle, ne comporte ni conseil, ni prescription. Elle vise à rendre le sujet capable d'assurer lui-même la gestion de sa pathologie. Elle engage une réflexion sur le long terme, sur les relations de sois à soi, les relations aux autres.
L'évaluation du négatif : Quelle que soit la réticence du sujet à reconnaître l'importance de son alcoolisation. Le silence concernant cette alcoolisation peut être très embarrassant : quand on ne parle pas d'un mal évident, c'est que c'est grave. Nombre d'alcooliques sont soulagés quand on met en mots ce qu'ils savent déjà. Dans le cas de déni, il s'agit d'en connaître la nature avant de décider d'éventuellement confronter le patient. Les contradictions peuvent être soulignées, sans pour autant chercher à contredire le patient.
Il paraît important de travailler avec le patient et sa famille, famille qui souvent a formulé la demande d'aide, suscité la consultation. Il paraît illusoire et trop dangereux de se focaliser uniquement sur l'arrêt de la conduite symptomatique. Le symptôme est toujours significatif du désir du sujet. Il est parfois la seule possibilité de survie, et constitue une lutte pour la vie. On retrouve ici l'idée de la fonction adaptative du symptôme. Le symptôme témoigne d'une parole qui ne peut se dire autrement.
Après l'évaluation des troubles alcooliques, il paraît également important, essentiel, de parler de ce qui semble aller bien. Il s'agit de la part préservée de l'alcoolique, sa part adaptée, saine, qui constitue un futur allié de la prise en charge. C'est ainsi la considération de la singularité du patient qui permettra la réflexion, le travail et l'alliance thérapeutiques. Mettre l'accent sur ce qui va bien va permettre au patient de s'auto-gérer. En effet, le constat de l'ampleur de l'alcoolisme, les dégâts occasionnés, le regard de l'entourage… tout cela accable le sujet. Sa part adaptative est alors une instance sévère et rejetante. Il est alors important de remettre en lumière les aptitudes de cette part préservée. Renforcement positif.
Il existe différentes modalités de prise en charge des sujets alcooliques, qui peuvent se compléter : psychothérapie individuelle, thérapie de soutien ou d'inspiration analytique, prise en charge familial, groupes de parole.
CONCLUSION
Il n'y a pas d'équivalence terme à terme entre les différentes conduites addictives : alcoolisme, boulimie et toxicomanie. On parlera plutôt d'analogie. Il ne s'agit pas de la même chose, mais il semble que chaque processus bénéficie pour sa compréhension d'un rapprochement avec d'autres conduites de dépendance. On parlera de parenté entre les différents syndromes.
Le premier aspect commun est la compréhension des troubles alcooliques comme des actes symptômes : des comportements étiquetés comme " volontaires " (" il suffirait qu'il arrête de boire "). Ces actes symptômes apparaissent comme une solution trouvée à une difficulté pré-existante, en général impossible à verbaliser et inconnue du sujet lui-même comme de sa famille. Solution qui en se développant devient elle-même le problème, au point souvent de masquer tout ce qui lui a donné naissance. On ne parle plus que de boisson, de nourriture, de médicaments.
~ L'objet de la dépendance : un organisateur existentiel ~
~ Renoncer à cette focalisation, c'est se retrouver face au vide ~
~ La dimension familiale ~
Ce dossier présente et synthétise différents ouvrages et articles :
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********** C'est de l'opposition des forces ou de tendances contraires que surgit la création.
C'est dans le conflit avec les images parentales que l'enfant, l'adolescent, construit son identité.
La dynamique de la vie implique la gestion des contraires.
********** Ce texte est issu d'une conférence destinée à des parents d'adolescent dans le cadre d'une campagne de prévention.
I. DEFINITION
I.1 Approche historique et socio-culturelle
I.2 Adolescence et puberté : l'adolescent et son corps.
I.3 Approche psychanalytique
I.4 La fin de l'adolescence
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II. LE NORMAL ET
LE PATHOLOGIQUE
II.1 La norme
II.2 Le pathologique
III. L'ADOLESCENT ET SA FAMILLE
IV. LA SCOLARITE
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V. LA PATHOLOGIE
V.1 Les pathologies liées au corps
V.2 Les passages à l'acte
V.3 La dépression
V.4 La drogue
EN CONCLUSION
Les adolescents vivent dans un monde en mutation, ils ne peuvent pas bénéficier de tous les repères qui ont aidé leurs parents à se construire.
Il y a quelque chose à inventer et dans ce cheminement les parents ne peuvent que les accompagner.
Pour en savoir plus :
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les représentations sociales du corps de la femme
Se pose la question du facteur socio-culturel dans l'émergence des troubles des conduites alimentaires. Il ne s'agit pas d'incriminer la culture et les médias, mais d'étudier la possible influence qu'exercent les modèles féminins proposés et le discours social qui entoure le corps.
On constate en effet que les troubles des conduites alimentaires sont en développement dans nos sociétés contemporaines. Des hypothèses sociologiques indiquent que certains éléments peuvent contribuer à l'éclosion des troubles alimentaires : le culte de la minceur, la glorification de la jeunesse, l'association beauté-maîtrise de soi, les archétypes de la féminité… On reprendra en conclusion la question de l'influence et des interactions entre le sujet et son environnement social.
Les images culturelles de la femme
La mise en objet
On constate qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes dans le paysage des images. Les images masculines, si elles sont plus présentes aujourd'hui que par le passé, restent très minoritaires. Ce qui contribue à la reproduction des archétypes féminins, par leur mise en image continuelle. Cette féminisation extrême de l'image (murs, publicités, magazines…) témoigne également d'une tradition masculine de mise en image de l'objet du désir. "la culture se donne pour spectacle ce qu'elle a envie de contempler, en l'occurrence l'autre désirable, la femme".
Ces images sont destinées à un public féminin, provoquant un désir d'identification, ainsi qu'à un public masculin, dans le registre de l'autre désirable. Malgré le mouvement d'émancipation de la femme, on constate que, au moins sous ses aspects extérieurs, la beauté occupe toujours la même place chez la femme, résistant à toute évolution. Les femmes continuent à jouer de leur capacité d'attraction du regard des hommes. La "libération des mœurs" n'a pas changé les rapports de séduction : les femmes restent des objets de représentation, les objets d'un désir masculin dominant. Dans le mariage par exemple, continuent à s'échanger le capital économique de l'homme contre la beauté pour la femme. La place persistante de la beauté dans les rapports entre les sexes oblige dans une certaine mesure la femme à se mettre d'une manière ou d'une autre en position d'être regardée. Ce qui est délicat quand sa propre esthétique corporelle n'est pas portée en haute estime.
L'image de la femme se superpose à celle de la beauté. Ces femmes mises en image sont ainsi toutes ramenées à leur corps, corps esthétisé, qui correspond aux canons contemporains de beauté, de jeunesse, de santé, corps hypersexué répondant au désir masculin. Le lieu où la culture rencontre la femme est son corps. Un corps sous ses deux aspects : son enveloppe (jeunesse, beauté/vieillesse, laideur), et son fonctionnement (sexualité, santé, fécondité).
L'exploitation du corps par la publicité, l'image, tend à le réduire à un simple objet de consommation. Le corps est "livré" au regard extérieur, à un jugement soumis à des critères d'appréciation contraignants. Les femmes identifiées à leur corps, s'en trouvent dépossédées. Le corps est vécu comme séparé de soi, étranger, et dans le même temps, comme mesure de sa valeur individuelle (à s'approprier à tout prix).
Le culte de la minceur
La minceur incarne aujourd'hui des valeurs comme la réussite, le succès, le contrôle de soi. C'est l'idéal féminin dominant. Dans une société de l'image qui magnifie et glorifie l'apparence physique, le corps devient le mode de valorisation narcissique premier.
Cette pression sociale est relayée, médiatisée par les magazines féminins, les images télévisuelles qui suggèrent le suivi de régimes alimentaires (restrictifs). Ce qui induit de manière de plus en plus précoce des préoccupations concernant l'alimentation, le corps et la minceur. La glorification de la jeunesse va, en parallèle, dans le sens de la promotion d'un corps adolescent, aux formes nubiles. Un corps tel que les anorexiques aimeraient le conserver, et modèle que les boulimiques tentent d'approcher. Ces messages culturels contribuent à généraliser les conduites de restriction alimentaire dès l'adolescence, à multiplier les mesures de contrôle du corps et de ses formes.
Paradoxalement, le conformisme social est présenté comme un moyen d'affirmation de soi.
La stigmatisation du poids - La graisse ennemie
En lien avec le culte de la minceur, on observe une condamnation de plus en plus sévère du gras, du gros. De nombreux clichés et jugements de valeur restent associés au surpoids : paresse, stupidité, saleté, laisser aller, a-sexualité (dans une société où certains modèles sont au contraire hypersexués)… La graisse corporelle (interne), le gras alimentaire (externe) sont devenus des ennemis à combattre. Au quotidien, par la sélection alimentaire, les régimes, la distinction entre bon et mauvais gras, les exercices physiques, la chirurgie esthétique…
Le devoir de beauté et de minceur - Le contrôle de soi
La beauté est aujourd'hui devenue un devoir culturel. Cette injonction concerne la femme, et non pas toutes les femmes, qui peuvent placer leur individualité dans d'autres images d'elles-mêmes. Mais si elles sont de plus en plus nombreuses à partager cette position, elles restent enjointes à la beauté.
Ce "devoir de beauté" et de minceur, est véhiculé par un discours social : L'imposition des modèles de beauté et de minceur est croissante. L'impact de l'image suscite l'idée d'une perfection corporelle à atteindre. La beauté, qui passe par la minceur, est devenue le signe de l'accomplissement personnel. Et ce, malgré les discours récurrents sur la "beauté intérieure" et le droit à la différence.
Une tolérance équivoque : le discours sur le droit à la différence témoigne de la volonté individuelle consciente d'aller dans le sens d'un respect des opinions et des images individuelles. Il s'agit donc de ne jamais interdire une image, une apparence, quelles qu'elles soient. Une volonté de non-interdiction qui pousse jusqu'à apprécier voir du déviant, du bizarre, des cas typiquement irrespectueux des règles du jeu. Pouvoir par là se dire qu'on a "ses pauvres", preuve qu'on est vraiment tolérant. Les déviants ont le droit de s'exprimer, loi fondamentale de la démocratie. Mais ils restent en même temps des anti-modèles absolus. La tolérance n'est plus un droit à la différence, mais un pardon des fautes.
On observe également la diffusion croissante des "techniques corporelles" Il y a démocratisation des techniques liées au corps. Cette diffusion induit l'idée d'une beauté et d'une minceur accessibles à toutes. Ce qui a pour conséquence de rendre les femmes responsables de leur beauté et de leur corps. En effet, "si on veut, on peut". Avec cette illusion de l'accessibilité, le devoir de beauté-minceur s'accompagne d'une culpabilisation importante. L'échec est alors le résultat d'une incapacité individuelle, et non plus le fruit du hasard. La femme aujourd'hui "laide et grosse" est condamnée comme négligente et coupable. La morphologie est de plus en plus considérée comme le fruit d'un travail, l'indicateur d'une compétence, signe de distinction : le gros n'est plus seulement gros, mais de surcroît une personne incapable de ne pas être grosse. (On parle de la volonté, mais il faut aussi mentionner la culture adéquate, et l'argent nécessaire à la beauté. Contre le hasard biologique, riches et pauvres se répartissent selon une échelle de beauté.)
Ce qui accentue le malaise actuel autour du vécu du corps. En effet, plus le sujet se sent éloigné d'une image, d'un modèle idéal, plus l'estime qu'il se porte diminue. Or, les modèles du corps féminin proposés s'éloignent toujours davantage de la réalité. Le contraste s'accentue entre l'augmentation du poids dans la population et la minceur croissante du modèle féminin idéal. Modèle toujours inaccessible dans sa perfection.
Ce qui a certaines conséquences : la première est la difficulté pour les femmes d'évaluer et de qualifier leur propre poids. Ainsi, de nombreuses femmes de poids "normal" se considèrent comme "trop grosses", et de nombreuses femmes maigres ne se perçoivent pas comme telles. On note aussi la relative banalisation de la chirurgie esthétique comme moyen de lutte contre un prétendu surpoids. |
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Manger
On ne mange plus aujourd'hui comme on l'a fait pendant longtemps. Certaines modifications des modes alimentaires sociaux contribuent probablement à favoriser l'apparition des troubles des conduites alimentaires. Les repas familiaux, festifs, traditionnellement hypercaloriques, ne sont plus vécus dans la joie et le partage, mais dans la culpabilité. Chaque bouchée est avalée dans la douloureuse perspective des mesures diététiques à fournir pour en contrecarrer les effets. Remords.
La logique du repas n'est plus le bien manger, mais la lutte contre le poids. "Comment manger, seul ou entre amis, sans grossir". Les magazines proposent aux moments des fêtes des régimes salvateurs, qui permettent de faire face au danger des repas collectifs obligés.
Après des siècles d'angoisse quant à la faim, nous sommes actuellement en situation de pléthore alimentaire. Si autrefois, en période de disette, il était de bon ton de se montrer gros et d'exhiber par là sa richesse, à notre époque, l'appartenance aux classes socio-économiques les plus favorisées se traduit par la minceur. Minceur inscrite dans l'inconscient collectif comme le signe des capacités de maîtrise de soi.
Le changement dans le conditionnement et la production des produits alimentaires a aussi contribué à une modification qualitative et quantitative des ressources, et de la façon de les préparer. Le repas autrefois très socialisé et ritualisé, est aujourd'hui de plus en plus individuel. La qualité des aliments s'est modifiée et les ingestions sont plus brèves, plus répétées, sous forme de grignotage (aliments sucrés ou salés). Une nourriture hors-cadre, qui échappe aux contrôles sociaux.
Autrefois dictée par la tradition, l'alimentation suit aujourd'hui le désir et la volonté individuelle. En matière de nourriture comme dans beaucoup d'autres domaines, les gens veulent faire comme ils l'entendent. Mais les repères de ces décisions individuelles sont biaisés. Face aux pressions publicitaires et aux propositions multiples, l'individu se trouve pris dans un tiraillement anxieux. Anxiété qui détermine alors les conduites alimentaires. L'accès à la nourriture est facilité (à toute heure, partout, en un temps de préparation minimum), et le désir excité par l'offre, la publicité et la diversité. Le sujet est alors en conflit entre des pulsions alimentaires activées et un idéal de minceur. Désarroi au moment du choix des repas. On parle de "gastro-anomie".
Si les anorexiques réagissent par une attitude de refus alimentaire, les boulimiques, elles, s'abandonnent à une consommation alimentaire excessive et sans retenue, tout en s'efforçant de respecter la norme esthétique. Cette "non-maîtrise" de soi, cette incapacité de retenue sont vécues comme un échec cuisant, qui vient porter une atteinte importante au narcissisme.
Le corps
Après des temps de répression, de discrétion, le corps s'impose aujourd'hui comme sujet de prédilection du discours social. Ce qui demeure pourtant, c'est la séparation faite entre l'homme et son corps. Le traditionnel dualisme corps/esprit fait place au dualisme contemporain qui distingue l'homme de son corps. Le corps est instrumentalisé, perçu comme une matière à travailler, une possession. L'homme "a" un corps. Alors qu'intrinsèquement, l'homme "est" son corps. L'homme est indissociable de son corps, qui incarne son être au monde, ce sans quoi il ne serait pas. "l'homme est ce je-ne-sais-quoi et ce presque-rien qui déborde son enracinement physique, mais ne saurait en être dissocié".
Cet imaginaire du corps suit le processus d'individualisation qui marque les sociétés occidentales depuis la fin des années soixante : investissement de la sphère privée, souci du moi, atomisation des acteurs sociaux, multiplication des modes de vie, obsolescence rapide des références et des valeurs, indétermination.
Face à cette désymbolisation du monde, à la perte de repères sociaux rassurants, le corps devient un refuge, une valeur ultime. Ce qui explique l'investissement croissant qu'il suscite. Investissement ou repli narcissique qui traduit l'absence des autres. Contre l'effacement du lien social s'opère un mouvement de défense, de retour sur soi, le moi devient le seul repère. "Quand l'identité personnelle est en question à travers les remaniements incessants de sens et de valeurs qui marquent la modernité quand les autres se font moins présents, que la reconnaissance de soi fait problème, même si ce n'est pas à un niveau très aigu, il reste en effet le corps pour faire entendre une revendication d'existence". (David Le Breton.)
Le corps devient alors surface de projection. A travers la mise en ordre et en sens de soi, par la médiation du corps, l'individu agit symboliquement sur le monde qui l'entoure. L'agencement de signes corporels marque une identité sociale, dans la recherche d'une unité en tant que sujet.
Les comportements sportifs compulsifs, la boulimie, les régimes stricts… sont des comportements centrés sur l'individu. Ils transforment le corps, et donnent l'illusion de se "re-créer" soi-même. On peut alors comprendre que notre époque favorise l'apparition de pathologie du narcissisme, avec le recours aux agis comme tentative de se recréer des frontières et un sentiment de soi mieux défini.
Un des mythes de la modernité fait passer pour "libération du corps" ce qui est en réalité éloge du corps sain, beau, mince, jeune, hygiénique… Les valeurs de la modernité mises en avant par la publicité, les médias, sont celles de la jeunesse, de la séduction… Fondements du discours sur le sujet et sa relation au corps. Le décalage entre le corps de l'individu et le modèle proposé explique le recours croissant aux pratiques autour du corps, et le succès de la chirurgie esthétique ou réparatrice, des cures d'amaigrissement.
Plus que libération du corps, c'est d'une libération de soi dont il est question. Le sujet est en quête d'un sentiment d'épanouissement, et ce par l'intermédiaire de son corps, ses activités physiques, son apparence. Cet engouement pour le corps contribue à durcir les normes sociales d'apparence corporelle : pour les femmes, il faut être mince, belle, bronzée, en forme, jeune ; l'homme doit être fort, bronzé, dynamique… Ce qui entretient de façon plus ou moins marquée une mauvaise estime de soi chez ceux qui ne peuvent pas montrer, pour quelque raison que ce soit, les signes d'un "corps libéré".
L'image du corps
On reprend ici la notion d'image du corps, telle qu'elle est définie en psychanalyse. Avec tout d'abord, un rappel de la constitution chez l'enfant d'une image de soi, en référence au stade du miroir de Lacan.
Ce stade du miroir est une expérience que l'on peut observer chez l'enfant entre 6 et 18 mois. C'est la première expérience de son identification que l'enfant va y jouer. Identification qui va s'effectuer progressivement comme une espèce de conquête qu'il va accomplir à partir de sa propre image projetée dans le miroir.
Précisons d'abord deux notions importantes :
Le fantasme du corps morcelé
La représentation du corps propre
On peut distinguer trois étapes dans le stade du miroir :
La première
La seconde
La troisième
Le stade du miroir se réalise antérieurement à l'acquisition du schéma corporel. Nous allons donc évoquer la différence entre image du corps et schéma corporel.
L'expérience psychanalytique de Françoise Dolto avec les enfants la conduit à repérer, très tôt, dans les dessins et les modelages ce qu'elle appelle "image du corps". Elle différencie de façon très précise le schéma corporel de l'image du corps. Elle explique que le schéma corporel est une réalité de fait, constituée à partir de perceptions. Nous pouvons préciser en disant que c'est un ensemble de processus perceptifs et organiques qui nous permettent de saisir l'unité de notre corps. Par exemple, c'est ce qui nous permet de pouvoir localiser à une partie très précise de notre corps, quelque chose qui lui arrive, que ce soit une excitation de type plaisir ou de type douleur.
Un schéma corporel sain peut coexister avec une image du corps perturbée. De même, qu'un schéma corporel troublé peut coexister avec une image du corps saine. L'exemple type du schéma corporel troublé est le "membre fantôme" de Schilder.
Le schéma corporel est le "même" pour tous les individus. L'image du corps est propre à chacun, elle est liée au sujet et à son histoire. Le schéma corporel est en partie inconscient mais aussi pré-conscient et conscient alors que l'image du corps est éminemment inconsciente.
L'image du corps est la conquête progressive de l'unité qui permet la maîtrise de la totalité de notre corps. Elle est avant tout imaginaire et composée non seulement des fantasmes de notre première enfance mais aussi par ceux de tous les conflits affectifs qui ont bouleversé et composé l'histoire de notre vie.
L'image du corps est la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles, mémoire inconsciente de tout le vécu relationnel.
"Tout contact avec l'autre, que ce contact soit de communication ou d'évitement de communication est soutendu par l'image du corps, car c'est dans l'image du corps, support du narcissisme, que le passé résonne dans la relation présente" .
L'acquisition de l'image de soi ne peut se faire que par la médiation de l'image et du regard d'autrui. Elle passe donc par le désir de l'autre et ne peut échapper aux pulsions de vie et de mort.
Nous avons vu avec le stade du miroir le rôle primordial que joue chez l'individu la captation visuelle par l'image de son corps et donc, la recherche narcissique d'une identification avec les autres.
Les yeux sont pour chacun de nous autant de miroirs pour refléter notre corps, mais ce ne sont pas des miroirs fidèles et ils troublent l'image que nous souhaitions y rencontrer. |
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Différents
troubles de l'image du corps
La psychose
La timidité
L'éreutophobie ou érythrophobie
La dysmorphophobie
L'anorexie mentale
Les conduites boulimiques
Paradoxe de l'identité féminine
Traditionnellement, les femmes sont élevées dans la perspective de pourvoir aux besoins d'autrui, au détriment de leurs propres besoins. Ce rôle traditionnel renvoie au modèle de la passivité, de la dépendance (aux hommes), et du sacrifice personnel. "Le plaisir de faire plaisir". Il y a contradiction à l'heure actuelle entre des représentations et des qualités traditionnellement attribuées aux femmes, et les exigences croissantes d'affirmation de soi, de performance, de réussite et d'indépendance.
Il s'agit pour les femmes de résoudre cette contradiction, de se situer entre les deux termes d'un conflit. La boulimie renvoie à la honte de céder à ses propres besoins et impulsions. Une incapacité à se contenir qui est condamnée socialement. Il y a échec dans la résolution de ce conflit entre tradition et modernité. Une impossibilité de séparation et d'individuation.
L'ouverture pour les femmes à un monde autre que le monde domestique est récente. Mais il semble que cette émancipation soit biaisée. En effet, la réussite, et parfois le simple accès à des rôles traditionnellement réservés aux hommes implique une "déféminisation". Les qualités traditionnellement attribuées aux hommes et aux femmes ont peu évolué. Pour exemple, une femme responsable, chef d'équipe, est qualifiée de femme "qui en a", de "vrai mec". Ce qui se veut un compliment renvoie à une représentation de la femme comme "sous homme", et qui doit nécessairement imiter l'homme pour accéder à une certaine légitimité. La femme des années 80, modèle "unisexe" de réussite et d'accomplissement dans le travail, domaine masculin, offre un exemple de cette déviation des rôles et des qualités féminines.
Plus largement : dans une culture marquée par les valeurs de l'individualisme, la dépendance sous toutes ses formes est fuie, considérée comme un asservissement. Les notions de liberté individuelle, de volonté personnelle et d'autonomie se sont imposées comme seules vérités. Le jugement et le sentiment personnels sont les garants de l'authenticité.
Le corps est devenu la mesure de la valeur individuelle. Il est le témoin de la maîtrise de soi, de la performance et de la compétence personnelles. La maîtrise du corps, le contrôle de son apparence renvoient à cette indispensable appropriation de soi. Une tentative de maîtrise qui échoue douloureusement dans l'accès boulimique, vécu dans la solitude et la honte.
En conclusion :
Il est possible de faire un parallèle entre ces courants socio-culturels et les troubles des conduites alimentaires : on retrouve les préoccupations concernant le corps, son image, la minceur… Contexte psychologique dans lequel naissent les troubles des conduites alimentaires. Déplacement de l'idéal du moi sur le corps, crainte phobique de grossir, tentatives de maîtrise totale du corps… Avec en conclusion la garantie de l'échec de toutes ces tentatives : les efforts pour atteindre le modèle de perfection n'aboutissent pas, ce qui pousse à entretenir toujours plus les comportements pathologiques.
Les troubles des conduites alimentaires se situent dans la perspective d'une psychopathologie différentielle des sexes. Certains auteurs proposent de les lire comme une méthode de contention du corps féminin, comme il y en eut tant au cours des siècles précédents. Il s'agirait alors d'une des multiples tentatives de l'homme pour maîtriser ce qui est pour lui l'altérité la plus radicale : le sexe de la femme. Cette vision, à prendre en compte, risque d'être parfois trop schématique. Il est important de préciser que les troubles de conduites alimentaires ont déjà existé, en d'autres lieux et d'autres temps, et que notre époque n'est pas la seule à contraindre le corps féminin. De plus, il n'existe pas de culture sans corps, sans transformation de ce corps. Les rapports hommes-femmes s'ils sont rapportés dans une perspective uniquement d'opposition manichéenne, d'oppression, ne permettent pas de tenir compte de l'interaction sociale des sexes, et de la perspective psychopathologique individuelle.
Parler d'influence sociale pose la question de l'éternelle opposition individu-société. Vieux débat qui oppose les tenants du déterminisme social aux tenants de la liberté individuelle. Il semble plus fructueux d'observer les articulations entre les deux. Dans la perspective du croisement du sujet, de l'image du corps, notion individuelle, psychanalytique, et de l'environnement social et culturel. La frontière séparant l'individu et la société n'est pas très nette.
Ainsi, les troubles alimentaires semblent apparaître au carrefour d'influences bio-psycho-sociales. Le syndrome boulimique en particulier apparaît comme multidéterminé. Cette description du contexte socio-culturel ne doit pas faire oublier l'existence de facteurs prédisposants individuels, psychologiques (adolescence, post-adolescence, fragilisation psychique et narcissique…). La personnalité, l'histoire propre du sujet, ses ressources, influencent également fortement le vécu du syndrome, son évolution, sa prise en charge.
Cette conception des troubles alimentaires permet de comprendre la diversité des cheminements individuels et également d'envisager des traitements et des prises en charges variés, adaptés à chaque sujet. |
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Les troubles du comportement alimentaire, des maladies à part entière…...
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont reconnus comme de véritables maladies, plus spécifiquement, comme « un trouble mental », c’est-à-dire un ensemble de comportements, d’attitudes et de réactions émotionnelles qui font souffrir la personne malade et son entourage. Ils peuvent apparaître sous plusieurs formes : l’anorexie et la boulimie sont les plus connues. Ces deux symptômes se présentent de manière isolée ou combinée. Il existe d’autres formes de TCA qui ne répondent ni aux critères de l’anorexie, ni à ceux de la boulimie : on parle alors de troubles atypiques du comportement alimentaire
La chose plus importante à rappeler est que l’Anorexie, la Boulimie, la suralimentation compulsive, ou autres troubles du comportement alimentaire ne sont pas que des maladies psychologiques mais ont leurs complications physiques.
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LES CAUSES
Anorexie, boulimie ou l’alternance des deux (anorexie-boulimie) représentent les formes les plus graves et préoccupantes des troubles du comportement alimentaire ; elles sont en augmentation depuis les années 70 et concernent environ 10 % de la population. L’existence de " troubles partiels " (où seulement une partie des critères diagnostiques est présente) est aussi en nette augmentation dans tous les pays occidentaux et des " troubles alimentaires mineurs " comme fringales, grignotage, syndrome d’hyperalimentation nocturne, chocolatomanie sont de plus en plus relatés. Enfin, l’obésité, considérée comme la maladie du siècle par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), relève dans au moins une moitié des cas d’un trouble du comportement alimentaire similaire à la boulimie : l’ hyperphagie incontrôlée. Parmi les personnes atteintes d’un trouble grave du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, anorexie-boulimie) 90 % sont des femmes et seulement 10 % des hommes. Ces troubles touchent davantage des personnes issues d’un milieu socio-culturel élévé, tandis que l’obésité concerne plutôt les milieux défavorisés.
Aujourd’hui encore, il est difficile de définir précisément les origines du déclenchement d’un trouble alimentaire. Les causes sont rarement uniques et très étroitement liées à l’histoire personnelle, à l’environnement familial et au cadre social de la personne concernée. L’expérience montre qu’il existe un certain nombre d’éléments que l’on retrouve régulièrement chez les personnes victimes d’un trouble alimentaire. Il est toutefois important de ne pas généraliser et de tenir compte avant tout de l’histoire personnelle de chacun.
Voici quelques exemples d’éléments que l’on peut retrouver dans les situations de troubles alimentaires ; ils ne sont ni exclusifs, ni exhaustifs. o Au niveau biologique, une prédisposition génétique aurait été mise en évidence par des études sur les jumeaux mais les résultats ne sont pas encore confirmés. o Au niveau psychologique, on note que certains problèmes de personnalité sont plus fréquemment associés à un trouble alimentaire :
La personne souffrant d’un trouble alimentaire peut avoir été victime d’un événement traumatique (violence, abus, …). o Au niveau socio-culturel, la culture actuelle basée sur la minceur et la beauté comme signes extérieurs de succès et de bonheur a une incidence certaine sur le développement de troubles alimentaires. Les troubles alimentaires se sont développés essentiellement dans les sociétés de type occidental où la nourriture est abondante et où, paradoxalement, la minceur, le contrôle de son apparence et de son poids sont associées à l’idée de beauté, de performance, d’efficacité et de réussite.
o Au niveau familial, on observe également des problèmes de communication au sein même de la famille ainsi que des traumatismes sexuels. Façon d’aborder les émotions dans le cadre familial :
L’adolescence est une période particulièrement à risque ; c’est à ce moment-là que se déclenche une grande partie des troubles alimentaires. Il est important de réagir tôt, pour éviter que la maladie ne s’installe durablement. Il y a des origines à la maladie, et il y a aussi des causes qui la maintiennent.
Le trouble du comportement alimentaire apparaît pour signifier que quelque chose de plus profond ne va pas.
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DEPENDANCE
Les troubles du comportement alimentaire sont des conduites de dépendance : la personne est alors dépendante de sa maladie comme d’autres le sont d’une substance (alcool, drogues, médicaments, jeux) ou une dépendance affective à une autre personne. En effet, la personne anorexique ou boulimique est dans l’urgence du besoin et de la satisfaction comme c’est le cas dans d’autres dépendances. Elle perd le contrôle de son comportement, est dans le déni par rapport à la gravité de sa maladie et en constante recherche de sensations fortes. Au travers de ce comportement addictif, la personne qui souffre d’anorexie ressent un certain plaisir lié au fait de jeûner et celle qui souffre de boulimie, un état d’euphorie avant, pendant et/ou immédiatement après la crise.
Les parallèles avec un comportement de dépendance sont plus visibles avec la boulimie : la personne, comme celle souffrant d’une dépendance à l’alcool ou à la drogue, sent le besoin pressant et l’obsession de manger. Elle peut dépenser des sommes astronomiques pour se procurer sa nourriture allant jusqu’à s’endetter. Quand la crise et le besoin de manger surviennent, elle entre dans une sorte d’état second et il est extrêmement difficile d’empêcher la perte de contrôle.
Comme dans toute autre dépendance, il est très difficile, voire impossible de se sortir seul de ces comportements. C’est pourquoi, il est primordial de demander de l’aide et de ne pas rester seul face à sa maladie.
Il n’y a pas de honte et de culpabilité à avoir, l’important est de trouver le moyen de guérir !
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THERAPIES
Trop souvent, les personnes atteintes d'un trouble alimentaire n'osent pas consulter un professionnel car le mot "psychothérapie" leur fait peur ou parce qu'elles espèrent pouvoir s'en sortir seules. Or, les probabilités de guérison sont nettement plus élevées lorsque le trouble est détecté et traité précocement. Il est possible de guérir d’un trouble du comportement alimentaire. Cela demande du temps et un investissement personnel important dans une démarche thérapeutique. Les parents et les proches peuvent bien sûr aider une personne souffrant d'un trouble alimentaire en lui offrant écoute et encouragement et en la soutenant dans ses démarches thérapeutiques.
Il existe différentes approches thérapeutiques pour le traitement des troubles du comportement alimentaire (thérapie cognitivo-comportementale, approches corporelles, thérapie de type émotionnelle, thérapie analytique, thérapie de famille…). La thérapie peut être individuelle ou en groupe. Le meilleur facteur de pronostic semble être la nature, la qualité, la cohérence et la durée du traitement. Selon les cas et la gravité du trouble, différentes prises en charge sont possibles : L'hospitalisation avec prise en charge multi-disciplinaire s'avère indispensable dans le cas de complications médicales, dénutrition importante, actes suicidaires ou à caractère auto-mutilatoire. La thérapie individuelle est toujours conseillée et peut découler de différentes approches :
La thérapie familiale s'avère parfois indispensable afin de restaurer ou améliorer la communication entre les différents membres de la famille. Elle offre la possibilité à chacun d'exprimer son vécu et d'entendre celui des autres dans un cadre rassurant. Les thérapies de groupe offrent un espace de rencontre entre personnes touchées par le même type de problématique. Les jeux de rôles, les échanges sur un thème précis, les exercices d'expression ou d'affirmation de soi sont autant de techniques que l'on retrouve fréquemment dans les thérapies de groupe.
Il est essentiel de trouver l’approche thérapeutique et le thérapeute qui convienne à la personne malade. Une fois que le processus thérapeutique est engagé, il est important de pouvoir le poursuivre de manière continue. Il vaut mieux éviter d’essayer toutes sortes d’approches différentes sans vraiment s’engager profondément, ce qui risque de prolonger la maladie, voire même de la renforcer. L’approche thérapeutique de l’anorexie et de la boulimie est généralement différente ; alors que la personne qui souffre de boulimie est habituellement suivie en ambulatoire, il arrive que l’hospitalisation soit recommandée pour les personnes souffrant d’anorexie, en particulier lorsque la vie est mise en danger. Le traitement thérapeutique de la personne qui souffre d'anorexie visera alors dans un premier temps à permettre à la personne d’atteindre un poids qui ne mette pas sa vie en danger. Pour la personne qui souffre de boulimie, l’objectif est de diminuer les crises.
Dans les deux cas, la thérapie permet parallèlement d’entreprendre un travail de fond visant notamment à :
Dans certains cas, l’éloignement avec la famille peut être bénéfique, à la fois pour la personne malade et pour ses proches. Ces derniers passent par des moments de difficultés et de souffrances intenses : il est important qu’ils puissent eux aussi bénéficier d’une aide et d’un soutien pour eux-mêmes. Pour les malades et pour les proches, il existe des groupes de soutien qui, sans être thérapeutiques, proposent un espace privilégié de rencontre et d’échange avec des personnes confrontées aux mêmes difficultés. Participer à ces groupes peut être un premier pas pour faire face à la maladie.
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Un peu d'histoire
En médecine, l'anorexie mentale ou anorexia nervosa (littéralement " absence d'appétit ") est un trouble du comportement alimentaire connu depuis longtemps. Des restrictions alimentaires particulièrement sévères, ainsi que des périodes de jeûne, étaient déjà, au Moyen-Age, largement pratiquées au sein des communautés religieuses, ces privations ayant un caractère mystique et une justification philosophique. Sainte Catherine de Sienne, morte à l'âge de trente-trois ans à la suite de ce que certains auteurs appellent aujourd'hui " anorexie sainte ", n'est que l'exemple le plus connu et le plus flagrant de ce genre de pratiques. On retrouve la première description médicale de l'anorexie en 1689; le médecin Richard Morton décrit une forme de dépérissement physique d'origine nerveuse. Mais c'est à partir de la deuxième moitié du siècle passé que le terme d'anorexie mentale est employé dans le sens que nous lui reconnaissons aujourd'hui : presqu'en même temps, deux médecins, le français Lasègue en 1873 et l'anglais Gull en 1874, donnent les deux premières descriptions cliniques de cas d'anorexie, descriptions qui sont encore aujourd'hui d'actualité. Bien que pour ces auteurs il s'agisse d'un trouble d'origine psychique, la médecine le considérera et le traitera pendant des années plutôt comme un problème physique (insuffisance hypophysaire, notamment). Ce n'est qu'à partir des années 50 que l'on reviendra à l'idée d'une origine psychologique de l'anorexie mentale, acceptant donc que les problèmes physiques associés ne sont que la conséquence de l'arrêt de l'alimentation.
Quant à la boulimie ou bulimia nervosa (du grec " grande faim dévorante "), elle a pendant longtemps été considérée comme un symptôme provenant d'autres pathologies : tantôt comme un signe de névrose hystérique, tantôt comme faisant partie d'un trouble plus profond de la personnalité, ou encore comme un signe de dépression. D'autres auteurs ont parlé d'addiction ou de " toxicomanie sans drogue ". Des rapprochements ont également été faits entre boulimie et obésité. On a aussi parlé d'une origine biologique de la boulimie, hypothèse qui met en cause des variations du taux de sérotonine, produit chimique ayant un rôle important dans le fonctionnement du cerveau. Enfin, ce n'est que dans les années 80 que la boulimie acquiert une description diagnostique spécifique.
A partir des années 80, suite à l'intérêt que les troubles alimentaires ont suscité dans le monde médical, d'autres troubles alimentaires, se distinguant de l'anorexie et de la boulimie selon des symptômes et une intensité différents, ont été décrits et définis par plusieurs auteurs. Citons entre autres : o l'anorexie-boulimie ou " bulimiarexia " ou encore " boulirexie ", alternance des deux troubles alimentaires; o le syndrome d'hyperphagie incontrôlée, ou binge eating disorder; similaire à la boulimie mais sans comportements compensatoires afin d'éviter la prise de poids; o l'alimentation par grignotage ou chaos alimentaire; o le night eating syndrome, ou syndrome d'alimentation nocturne. Citons encore diverses formes de fringales, plus occasionnelles et moins pathologiques, comme la fringale boulimique, la fringale de sucres, et des appétences excessives pour certains aliments, notamment la chocolatomanie. Restrictions alimentaires et hyperphagie, en alternance, sont souvent connues par la plupart des personnes obèses qui expérimentent les effets du jeûne et de la restriction dans les périodes où elles tentent de perdre du poids, les effets de l'hyperphagie lorsqu'elles y renoncent. L'obésité est dans la moitié des cas la conséquence d'un trouble alimentaire, notamment l'hyperphagie incontrôlée. Enfin, notons qu'il existe aussi une anorexie du nourrisson et une anorexie de la petite enfance qui relèvent de problématiques relativement spécifiques et différentes et qui seraient tout à fait indépendantes de l'anorexie mentale de l'adolescence ou post-adolescence.
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ANOREXIE
Les critères diagnostiques de l'anorexie mentale (DSM-IV, 1994 - Manuel de l'association américaine de psychiatrie) tous présents chez la personne considérée: o Restrictions alimentaires : réduction de l'apport calorique (par exemple, élimination d'aliments tels que pain, pommes de terre, pâtes, etc.), évitement de la graisse et des protéines, planification de régimes stricts. o Perte d'au moins 15% ou plus du poids initial et refus de maintenir le poids corporel au niveau ou au-dessus d'un poids minimum normal pour l'âge et pour la taille. o Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, alors que le poids est inférieur à la normale, cette peur ne s'atténuant pas au fur et à mesure de l'amaigrissement. o Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l'estime de soi, ou déni de la gravité de la maigreur actuelle. o Chez les femmes post-pubères : aménorrhée, c'est-à-dire absence d'au moins trois cycles menstruels consécutifs. (Une femme est considérée comme aménorrhéique si ses règles ne surviennent qu'après administration d'hormones, par exemple d'œstrogènes.)
Il existe deux types d'Anorexie : o Type restrictif ("Restricting type"): la personne s'interdit la plupart des aliments qu'elle considère comme étant trop caloriques. Elle s'impose un régime particulièrement strict, elle saute les repas, elle jeûne. Pendant l'épisode d'Anorexie mentale, le sujet n'a pas, de manière régulière, présenté de crises de boulimie ni recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (c.à-d. laxatifs, diurétiques, lavements). o Type avec crises de boulimie/vomissements ou prise de purgatifs ("Binge-eating/purging type"): Après quelques temps, ces restrictions draconiennes débouchent sur une fringale incoercible qui la pousse à ingurgiter des quantités incroyables de nourriture, qu'elle vomira ensuite. Pendant l'épisode d'Anorexie mentale, le sujet a donc, de manière régulière, présenté des crises de boulimie et/ou recouru aux vomissements provoqués ou à la prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements).
Signes associés : Les manifestations de la maladie sont particulières à chaque personne concernée. On observe toutefois plusieurs signes associés qui reviennent fréquemment chez les personnes souffrant d’anorexie et qui peuvent apparaître de manière isolée ou combinée, en fonction de la gravité et de la durée de la maladie. o Déni de la gravité de la maigreur actuelle : la personne souffrant d’anorexie nie farouchement avoir un problème sérieux avec la nourriture. o Obsession : la vie de la personne souffrant d’anorexie est réduite à une seule préoccupation : maigrir. Toutes ses pensées sont occupées à comptabiliser ce qu’elle a mangé et ce qu’elle va manger. C’est une perpétuelle obsession et toute sa vie est tournée autour de la nourriture : comment faire pour maigrir, pour cacher à son entourage le fait qu’elle ne mange pas, pour éviter d’être invitée à manger chez des amis ? Elle peut mentir à son entourage afin de fuir des situations trop difficiles pour elle. L’obsession est telle qu’elle peut se peser plusieurs fois dans une même journée pour s’assurer qu’elle n’a pas pris un gramme ou passer des heures devant le miroir pour se regarder et vérifier la moindre parcelle de son corps. o Image de Soi : la personne qui souffre d’anorexie a une piètre image d’elle-même. Elle a peu d’estime pour elle-même, ne se trouve pas belle ; elle ne s’aime pas ! Elle a beaucoup de peine à s’accepter telle qu’elle est, c’est pourquoi, elle utilise l’autodestruction. o Autodestruction : pour faire face à une trop grande souffrance, elle cherche à se faire du mal et peut avoir des comportement d’automutilation, voire même des tentatives de suicide. o Contrôle : la personne souffrant d’anorexie a besoin d’avoir le sentiment de contrôler sa vie : à ses yeux, ce contrôle passe par celui de la nourriture : elle met tout en place pour vérifier le nombre de calories qu’elle peut avaler dans la journée, sélectionne les aliments qu’elle a le droit de manger. Il arrive souvent qu’elle prenne possession de la cuisine et adore mijoter de bons petits plats pour son entourage sans y toucher elle-même.
Ce contrôle s’exerce aussi sur l’évacuation de la nourriture par des vomissements provoqués ou par la prise de laxatifs et/ou diurétiques. Elle est dotée d’une très grande détermination et son organisation personnelle est imperturbable. o Perfectionnisme et maniaquerie : les personnes anorexiques sont en général très perfectionnistes et réussissent brillamment leur scolarité car tout travail est préparé à la perfection. Elles sont, la plupart du temps, très intelligentes et font preuve d’une grande créativité (écriture de poèmes, récits, peinture, etc.). A la maison, l’anorexique a besoin d’être active. Elle déploie une immense énergie pour faire le ménage et maintenir un ordre impeccable. o Abandon de ses loisirs et perte de sa vie sociale : la personne souffrant d’anorexie est tellement obsédée par le désir de maigrir sans fin qu’elle va, petit à petit, s’enfermer dans son monde et être de moins en moins accessible pour son entourage qui, de son côté, a du mal à la comprendre et à accepter tous ces changements. o Recherche de chaleur : à force de ne pas s’alimenter convenablement, la personne souffrant d’anorexie a de la peine à se réchauffer. Elle a tendance à avoir froid, à se tenir près des radiateurs, à se promener avec sa bouillotte contre elle, à augmenter le chauffage de sa chambre et à se cacher sous de multiples couches de vêtements amples. o Difficulté à trouver le sommeil : avec le temps, elle a de plus en plus de peine à dormir la nuit. Ses troubles du sommeil et son amaigrissement entraînent des difficultés de concentration et un épuisement. o Hyperactivité : pour maigrir plus vite, la personne souffrant d’anorexie fréquente les centres de fitness, fait du sport de manière extrême et parfois même jusqu’à l’épuisement physique. Elle profite de chaque occasion pour dépenser d’avantage de calories. o Comportement extrémiste : la personne qui souffre d’anorexie peut facilement passer d’un extrême à un autre. Ce comportement n’est pas conscient. Par exemple, elle peut avoir une période de désintérêt total de la sexualité et puis soudain, rechercher par tous les moyens la possibilité de séduire les hommes. Elle a des périodes d’euphorie où tout va bien et d’un coup, elle repart dans un moment de forte dépression, de découragement et d’isolement. Elle a tendance à agir de manière très directe, sans réfléchir aux conséquences de ses actes pour elle et pour son entourage, avec lequel elle peut paraître très dure.
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BOULIMIE
Les critères diagnostiques de la boulimie (DSM IV, 1994 - Manuel de l'association américaine de psychiatrie) tous présents chez la personne considérée : o Survenue récurrente de crises de boulimie ("binge eating"). Une crise de boulimie répond aux deux caractéristiques suivantes :
o Comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que : vomissements provoqués ; emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements ou autres médicaments ; jeûne ; exercice physique excessif (le poids est proche de la normale). o Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne, au moins 2 fois par semaine pendant 3 mois. o L'estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle. Préoccupation persistante voire obsessionnelle au sujet du poids et la silhouette. o Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d'anorexie mentale.
Il existe deux types de boulimie : o Type avec vomissement ou prise de purgatifs ("Purging type") : pendant l'épisode de boulimie, le sujet a régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l'emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements. o Type sans vomissements ni prises de purgatifs ("Nonpurging type") : pendant l'épisode de boulimie, le sujet présente d'autres comportements compensatoires inappropriés, tels que le jeûne ou l'exercice physique excessif, mais n'a pas régulièrement recours aux vomissements provoqués ou à l'emploi abusif de laxatifs, diurétiques, lavements. Il existe un autre type de boulimie à distinguer des deux précédents : l'Hyperphagie boulimique (qui s'accompagne de prise de poids). NB : Certaines personnes ne remplissent pas forcément tous ces critères, mais souffrent tout de même de Boulimie.
Signes associés : Les manifestations de la maladie sont particulières à chaque personne concernée. On observe toutefois plusieurs signes associés qui reviennent fréquemment chez les personnes souffrant de boulimie et qui peuvent apparaître de manière isolée ou combinée, en fonction de la gravité et de la durée de la maladie.
● Obsession : la nourriture envahit toutes les pensées : la planification des crises, comment les dissimuler à l’entourage, comment éliminer tout ce qui a été absorbé…Dans l’esprit de la personne qui souffre de boulimie, la nourriture est comme une drogue. Au moment où le besoin de manger l’envahit, la tension est si forte que la personne se trouve dans une sorte d’état second, incapable de se concentrer sur autre chose. La seule chose qui importe alors est de se retrouver seule pour « faire une crise ». Pour cela, il lui arrive de supprimer ses rendez-vous ou d’organiser son emploi du temps en conséquence.
● Contrôle : malgré cette pression extrêmement forte, la personne qui souffre de boulimie fait tout pour cacher son état et sa maladie. En public, elle donne la plupart du temps l’image d’une personne « sans problèmes ». Elle met beaucoup d’énergie à maintenir cette image parfaite. On peut noter également parfois un comportement hyperactif.
● Repas : manger en public est pénible pour la personne qui souffre de boulimie. Elle évitera donc un maximum ces situations (sorties au restaurant, fêtes, réunions de famille, …). Si elle se trouve en compagnie, elle mangera en général peu. Pendant ou après le repas, il peut arriver qu’elle disparaisse régulièrement aux toilettes et ses absences durent un bon moment.
● Image de Soi : honteuse de son comportement qu’elle garde secret, la personne boulimique a une piètre image d’elle-même. Les crises ne font que renforcer le dégoût de soi, l’entraînant dans une spirale infernale autodestructrice. Elle manque fortement de confiance en elle. On observe parfois une tendance à l’automutilation (coupures,…), exprimant le dégoût de son corps et la haine de soi.
● Régimes : la crainte de grossir est une obsession. La personne souffrant de boulimie n’est jamais satisfaite de son poids (qui est généralement normal) et met une grande énergie à essayer d’éliminer par toutes sortes de moyens ce qu’elle a absorbé durant la crise. Elle saute souvent des repas et finalement, tenaillée par la faim, finit par craquer et ingurgite de grandes quantités d’aliments.
● Comportement social « chaotique » : la personne a de la peine à respecter ses rendez-vous, à tenir parole et à gérer son argent. Les dépenses occasionnées pour la nourriture peuvent entraîner de sérieux problèmes financiers, pouvant parfois mener au vol à l’étalage. Toute l’énergie passe dans la préoccupation pour la nourriture, l’entraînant peu à peu à abandonner ses loisirs, à perdre de vue ses amis et à s’isoler. Un trait observé est aussi une forte tendance à l’anxiété pouvant counduire à la dépression : phobie sociale, attaque de panique, … ● Autres toxicomanies ou comportements déviants : alcoolisme, achats compulsifs, vols à l'étalage, ...
Conséquences physiques : Une ou plusieurs des conséquences mentionnées ci-dessous peuvent apparaître ; elles dépendent notamment de la durée et de la gravité de la maladie.
- Erosion de l’émail dentaire et caries dues aux vomissements provoqués - Douleurs gastriques et abdominales (troubles digestifs), dilatation de l’estomac - Inflammations chroniques de la gorge et de l’oesophage - Carences vitaminiques, en minéraux et en oligoéléments - Gonflement de certaines glandes salivaires (parotides) - Fatigabilité, épuisement - Hypocalcémie, risque d’ostéoporose
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HYPERPHAGIE
Les critères diagnostiques du "Binge Eating Disorder" ou Syndrome d'hyperphagie incontrôlée (Spitzer et al., 1993) :
Durant les épisodes d'hyperphagie, au moins trois des critères suivants d'absence de contrôle sont présents : o prise alimentaire nettement plus rapide que la normale; o la personne mange jusqu'à l'apparition de sensations gastriques inconfortables; o absorption de grandes quantités d'aliments sans sensation physique de faim; o prises alimentaires solitaires afin de cacher aux autres les quantités ingérées; o sensation de dégoût de soi, de dépression, ou de grande culpabilité après avoir mangé. o Etat de détresse important en ce qui concerne l'hyperphagie involontaire. o L'hyperphagie survient en moyenne au moins deux fois par semaine sur une période de six mois. o Le trouble ne correspond pas aux critères diagnostiques de la boulimie nerveuse et de l'anorexie mentale.
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AUTRES TROUBLES
Le grignotage ou chaos alimentaire : Le grignotage est un comportement alimentaire anarchique constitué de prises alimentaires par petites quantités et à intervalles réguliers. Il se produit en dehors des repas et peut s'étendre sur toute la journée. La sensation de faim n'est généralement pas présente. Un aliment spécifique peut être recherché, le plus souvent un produit consommable sans préparation, du genre biscuits, chips, petits snacks, sucreries, ... La personne consomme ses aliments sans utiliser de couverts mais directement avec les doigts, sur place, durant certaines de ses activités (le plus souvent non physiques) telles que lecture, activités scolaires, télévision,... Le grignotage s'effectue bien souvent lorsque la personne se retrouve seule.
La fringale : La fringale est la réponse comportementale a une sensation impérieuse de faim ; les individus consomment des aliments qu'ils aiment, le plus souvent sucrés et riches en graisse. Elle s'observerait plutôt chez l'adolescente ou la femme adulte, un peu avant ses règles. Notons toutefois que le comportement alimentaire général reste adapté. On peut différencier deux types de fringales :
Le syndrome d'alimentation nocturne ou night eating syndrome : Le sujet se réveille périodiquement au cours de la nuit et ne peut se rendormir qu'après avoir avalé une copieuse collation. Cette prise alimentaire s'effectue dans un demi-sommeil et ne lui laisse que de vagues souvenirs le lendemain.
Les comportements alimentaires qualitativement perturbés : Les sujets bannissent certains aliments non pas dans le but de réduire l'apport calorique mais à cause de la signification symbolique que revêt l'aliment, sa valorisation familiale ou individuelle. Ce dégoût électif peut correspondre à un symptôme hystérique ou résulter d'idées sous-jacentes quasi délirantes. C'est ainsi que certains adolescents deviennent brusquement végétariens ou même végétaliens, se privent d'un aliment qu'ils aiment particulièrement ou d'un plat familial électif.
La chocolatomanie : " Tu n'es évidemment pas qu'un goût, mais aussi une texture, que tu déclines sur deux modes tout à fait différents, opposés même : d'abord tu croques sous nos dents; puis tu fonds dans nos bouches. Si d'abord tu es dur, c'est sans être hautain, au contraire, tu as la dureté bon enfant du voyou sympathique - mais une fois que nos dents t'ont émietté, tu dévoiles ta douceur maternelle, enveloppante, tu nous caresses et nous consoles; bientôt, ce n'est plus toi qui fonds dans nos bouches, mais nous qui nous laissons glisser dans tes bras; tu nous berces, lentement, comme le faisaient nos mères quand nous étions tout petit enfant et que nous ne parvenions pas à trouver le sommeil. Tu es la berceuse qu'elles chantaient. Tu es la douceur de leurs bras. Tu es leur odeur rassurante. (...) " (de la pièce de théâtre de Philippe Blasband : Les mangeuses de chocolat, 1997). La chocolatomanie peut, dans certains cas, être considérée comme un trouble alimentaire. En ce qui concerne les amateurs de chocolat, on peut en distinguer deux types : ceux, 8 fois plus nombreux, qui recherchent plutôt le goût du sucre et qui privilégient le chocolat au lait, aux noisettes ou fourré, et ceux qui préfèrent le chocolat noir avec 60 ou 70 % de cacao, parmi lesquels on retrouve les chocolatomanes. La chocolatomanie est ainsi définie dans des travaux de 1985, effectués par les Drs Favre-Bismuth et Grouzmann, selon les critères suivants : o prise exclusive de chocolat noir ( à plus de 50% de cacao ); o prise de chocolat égale ou supérieure à 100 gr. par jour; o choix d'une marque de chocolat particulière. Cependant, seulement certaines personnes présentent un comportement obsessionnel par rapport à l'ingestion de chocolat, en arrivant à se nourrir presque exclusivement de ce produit. La plupart des chocolatomanes, à la différence des personnes boulimiques, ne souffrent pas particulièrement de leur " dépendance " au chocolat et n'éprouvent pas de sentiments de culpabilité ou de honte. En général, ces personnes ne sont pas obsédées par la hantise de grossir et n'adoptent pas des stratégies de contrôle du poids comme celles employées généralement par les personnes boulimiques (vomissements, emploi de diurétiques ou laxatifs,...). Enfin, si " perte de contrôle " il y a par rapport à l'ingestion de chocolat, celle-ci reste limitée au chocolat et ne concerne pas d'autres produits sucrés.
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La boulimie : historique
Historique Les phénomènes boulimiques sont apparus il y a bien longtemps mais toutes les premières descriptions nous montrent qu'il ne s'agissait pas d'une pathologie médicale. I ) la boulimie chez les Romains
II ) La boulimie perçue progressivement comme une maladie
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III )
Définitions actuelles de la boulimie Nous pouvons d'abord débuter par une définition de la boulimie apportée par VINDREAU, HARDY et PALMER en 1987 : " L'accès boulimique consiste en une ingestion rapide et incontrôlable d'une quantité excessive d'aliments. " Il s'agit d'une impulsion incoercible selon les auteurs et malgré le sentiment de honte et de dégoût ressenti par le sujet, rien ne peut arrêter la crise boulimique une fois débutée. Nous avons vu précédemment que la boulimie est un concept ancien, puisque nous avons retracé l'évolution de ce concept à travers l'histoire. Nous avons également vu que la boulimie s'individualise petit à petit en entité clinique autonome à la fin des années 70 avec BRUSSET et IGOIN, et c'est en 1979 que l'on commence effectivement à formuler des critères diagnostiques du syndrome boulimique. (VENISSE 2). La première définition de la
boulimie en tant qu'entité clinique autonome date donc de 1979 et
fut proposée par RUSSEL, avec 3 caractères cliniques fondamentaux de
la bulimia nervosa. (voir les critères de RUSSEL dans les annexes). Puis viennent les définitions du DSM III en 1980 et du DSM III R en 1987. Actuellement, ce sont les
critères diagnostiques du DSM IV (1993) qui permettent de repérer le
syndrome boulimique chez les patients, et il est nécessaire de
retrouver chacun d'entre eux chez un même individu pour que l'on
puisse parler de boulimie. Nous pouvons comparer les différentes définitions qui ont évolué avec le temps.
A) Critères diagnostiques du DSM III :
B) Critères diagnostiques du DSM III R (7) :
C) Critères diagnostiques du DSM IV (1993) (8) :
Dans une prochaine partie,
nous essaierons de déterminer une des causes communes, un facteur
commun pouvant expliquer l'apparition de tels troubles.
Il consiste en une ingestion
rapide et incontrôlable d'une quantité excessive d'aliments.
A) Les circonstances de l'accès :
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V ) Dépression et
lien avec la boulimie
Ce texte est issu d'un travail universitaire de M. Giraud à Reims. |
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Etude
LA BOULIMIE, OU QUAND LA FAIM N'A PLUS DE FIN
Introduction
Moi, boulimique? Vous êtes-vous déjà demandé si vous aviez un penchant pour la boulimie? Pour trouver réponse à cette question, répondez franchement à ce court questionnaire (tiré de de Castilla et Bastin, 1988, p.13) :
Il y a plusieurs années, la boulimie n'était pas considérée comme une maladie, mais comme une simple forme de gourmandise. Ce n'est que depuis les années 1970 que ce trouble est considéré comme une entité clinique. Cette maladie a d'ailleurs trouvé sa place dans le domaine médical tout d'abord sous l'angle de l'obésité. En effet, le poids anormal était le signal d'alarme, ce qui poussait la personne à se faire traiter. Encore aujourd'hui, l'excès de poids constitue le facteur provoquant le malade à aller consulter. Mais en quoi consiste vraiment cette maladie encore largement méconnue? Comme le rapporte le docteur Luc Morin, la boulimie est cette envie très forte qu'éprouvent certaines personnes d'ingérer d'énormes quantités de nourriture, et ensuite de se faire vomir ou encore d'utiliser certains laxatifs pour extraire toutes ces calories de leur organisme. L'envie très forte, répétitive, souvent irrésistible de manger excessivement ou de se goinfrer de nourritures les plus diverses, suivie de vomissements, de l'emploi de laxatifs ou de diurétiques(2), caractérisent le syndrome boulimique. (Morin, [s. d.]) Plusieurs boulimiques présentent également des comportements anorexiques. En effet, cette maladie, l'anorexie nerveuse, est caractérisée par une perte de poids importante à la suite d'une sous-alimentation. La personne anorexique, soumise à une peur constante de grossir, n'hésitera pas à se priver de nourriture jusqu'à atteindre l'état cadavérique, se considérant d'ailleurs encore trop « rondelette ». Par ailleurs, ce comportement de jeûne intense se manifeste aussi chez un très grand nombre de boulimiques. Honteuses d'avoir cédé à une rage de nourriture, ces personnes s'infligeront un régime draconien de pain sec et d'eau durant des semaines, voire des mois. Ces deux désordres alimentaires sont donc très souvent associés, et considérés comme une seule maladie par un grand nombre de spécialistes des troubles de l'alimentation.
Les femmes, principales victimes Des études ont révélé que les personnes atteintes de boulimie étaient principalement des femmes. De fait, pour neuf personnes boulimiques de sexe féminin, on ne dénombre qu'un seul homme(3). Ces chiffres sont très compréhensibles du fait que les femmes, soumises quotidiennement aux normes de la beauté, donc de la minceur, mettent tout en oeuvre pour ressembler aux mannequins brindilles. Au contraire, la société est beaucoup plus clémente envers les hommes chez qui un léger embonpoint est mieux toléré. Par ailleurs, si certaines études ont estimé à environ 29 ans l'âge d'apparition de la boulimie, d'autres recherches mentionnent que l'âge de survenue se situe au début de l'adolescence. Par contre, les chercheurs s'accordent sur un point : c'est dans le groupe des filles de 18-20 ans que l'on retrouve le plus grand nombre de personnes boulimiques. Plusieurs de ces jeunes femmes auraient présenté un trouble mineur de l'alimentation durant leur puberté. Parce qu'il n'aurait pas été traité, ce problème referait surface quelques années plus tard, engendrant des conséquences beaucoup plus graves. Les jeunes filles sportives, entre autres les danseuses de ballet, présenteraient elles aussi assez fréquemment un comportement boulimique. Effectivement, ces personnes doivent arborer un corps sans rondeur aucune, sans poitrine et avec des hanches quasi invisibles. Devant alors se priver constamment de nourriture, elles tombent très souvent dans le piège de la boulimie, ruinant alors toute chance de carrière. Un phénomène similaire peut être observé dans les domaines où le corps humain est soumis au jugement de la société, comme le rapporte Sanchez-Cardenas (1990, p. 22) : Les groupes socio-professionnels où le corps et son exposition au regard des autres sont primordiaux semblent particulièrement concernés par les troubles des conduites alimentaires : danseuses, mannequins, voire majorettes. Les symptômes boulimiques se retrouveraient en outre plus fréquemment chez les femmes provenant de groupes de niveau socio-économique élevé, lesquelles se doivent de faire preuve de maîtrise personnelle constante. Enfin, contrairement à la croyance populaire, la plupart des boulimiques ne souffrent pas d'obésité. De fait, ces gens tentent constamment d'éliminer les excès de calories de diverses façons : vomissements, laxatifs, diurétiques, coupe-faim, etc. Par ces méthodes, les boulimiques réussissent à maintenir un poids se situant dans la moyenne.
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Pourquoi moi? Les personnes les plus susceptibles de devenir un jour boulimiques sont très souvent des êtres fragiles et dépressifs, et ne démontrant aucune confiance en eux. Habituellement, un élément affectant grandement le patient sera la cause de l'apparition de la boulimie. En effet, la personne boulimique peut avoir été ébranlée par un deuil, une peine d'amour, une rupture, un échec, ou par toute autre circonstance inhabituelle. Ainsi, la nourriture devient un moyen de surmonter les épreuves, tandis que les vomissements permettent d'annuler les effets caloriques d'une trop grande ingestion d'aliments. Par ailleurs, la boulimie peut aussi avoir été causée par certains facteurs sociaux et culturels. De fait, dans notre société occidentale, l'obésité et le surpoids sont très mal vus, particulièrement chez les personnes de sexe féminin. Les études ont d'ailleurs démontré qu'une femme mince est jugée plus féminine, tandis qu'une autre dotée d'un appétit quelque peu supérieur à la normale est davantage considérée comme masculine. La recherche de la minceur devient donc pour la femme un moyen de s'exprimer, de forger son identité. Puisque le poids imposé par les mannequins et autres promoteurs des corps longilignes est largement inférieur au poids santé, les vomissements, laxatifs et autres trucs de ce genre deviennent les moyens les plus efficaces pour maintenir le poids « idéal ». La personne affectée tombe alors dans le cercle vicieux des troubles alimentaires : perte de poids sensation de faim intense comportements boulimiques vomissements perte de poids, et ainsi de suite. Une fois l'engrenage déclenché, il devient très difficile de surmonter ces troubles(4). Toutefois, la publicité et les magazines exhibant des femmes rachitiques ne sont pas les seuls responsables de l'apparition de certains désordres alimentaires. En effet, depuis quelque temps, notre relation avec la nourriture et avec les repas s'est totalement transformée. Autrefois, l'heure des repas était sacrée : ces instants, particulièrement pour ce qui est du souper, constituaient des moments intimes où on en profitait pour se réunir et raconter sa journée. Aujourd'hui, les repas sont davantage consommés solitairement, et beaucoup plus rapidement. Nous sommes présentement dans l'ère du « fast food », des repas très caloriques avalés sur le pouce. Par ailleurs, l'acte de manger n'est plus quelque chose que l'on fait avec plaisir en savourant bien chaque bouchée, mais plutôt en songeant à toutes ces calories qui devront être éliminées lors de la prochaine séance de gymnastique, comme le rapporte Sanchez-Cardenas (1990, p. 52) : Le « bon repas » hypercalorique ne se vit plus désormais dans l'euphorie. Au contraire, chaque bouchée est avalée avec le sentiment coupable d'enfourner un quantum de calories supplémentaires, avec en tête la perspective des mesures diététiques qu'il faudra adopter pour en annuler les effets sur le poids.
Des conséquences lourdes à porter Les personnes boulimiques, en mangeant compulsivement et ensuite en rejetant toute cette nourriture, causent, souvent inconsciemment, plusieurs dommages à leur organisme. Dans des cas extrêmes, cette maladie peut s'avérer fatale si non diagnostiquée assez rapidement. D'une part, maints troubles physiques sont liés aux excès de nourriture : dilatation aigüe de l'estomac, pouvant aller jusqu'à une rupture gastrique en raison des trop grandes quantités de nourriture consommée, irrégularités dans les menstruations, déséquilibres des fluides corporels. D'autre part, les vomissements sont eux aussi la cause de multiples désordres somatiques. De fait, ils peuvent occasionner une inflammation ou une perforation de l'oesophage, un gonflement des glandes salivaires situées à proximité des joues, une destruction partielle de l'émail des dents, ou encore une irritation de la gorge. Dans les situations les plus alarmantes, ces purges peuvent provoquer une défaillance cardiaque en raison de la perte trop élevée de minéraux. Toutefois, les conséquences de la boulimie ne se limitent pas aux problèmes sur le plan physiologique. Dans la plupart des cas, les personnes souffrant de boulimie seront affectées de troubles psychologiques variés, qu'ils traîneront avec eux, même une fois la maladie détectée et traitée. Effectivement, les personnes boulimiques présenteront très souvent des problèmes de concentration et de jugement, ainsi qu'une diminution de leur vivacité d'esprit. Du point de vue psychique, ces individus souffriront de plusieurs dérèglements, tels qu'irritabilité, fatigue, dépression, anxiétés de toutes sortes : « Les troubles psychiatriques sont fréquents et s'étendent sur un très large registre : dépressions [...], anxiétés, attaques de panique, phobies, [...], hypochondrie, symptômes obsessionnels et compulsifs. » (Chabrol, 1991, p. 66) Dans les cas où la boulimie n'est pas traitée, la personne, totalement isolée, pourrait aussi démontrer certaines tendances suicidaires. Enfin, la vie sociale de la victime s'en trouve elle aussi grandement amoindrie, puisque la personne préfère s'isoler plutôt que d'avoir à affronter tous ces regards interrogateurs et incompréhensifs.
Des ressources vers une saine alimentation Malgré tout, la bataille n'est pas perdue : si la boulimie peut causer de véritables ravages sur l'organisme d'une personne, cette maladie peut aussi être soignée. Mais attention : la patience est de mise, et la lutte se révélera longue et ardue(5)... La première étape du traitement de la boulimie est celle du bilan clinique, celle où le médecin et le malade se rencontrent, discutent de la maladie, de ses causes, etc. Évidemment, la personne boulimique doit faire preuve d'une très grande collaboration, sans quoi le traitement est assurément voué à l'échec. En second lieu, le spécialiste procédera à l'examen psychologique de l'individu, pour s'assurer que ce dernier ne présente aucun des symptômes exposés précédemment. Enfin, selon les résultats des examens mentionnés, le praticien prescrira au besoin certains médicaments, un suivi par un diététiste, ou encore de l'aide psychologique. Les médicaments sont très souvent recommandés au tout début du traitement, surtout pour aider le malade à assouvir ses besoins en nourriture. En fait, il s'agit en quelque sorte d'un sevrage pouvant s'avérer très pénible. Les remèdes sont donc utilisés pour rendre la chose un peu moins éprouvante. Par contre, la prise de diverses substances ne sera prescrite que sur une très courte période de temps, puisqu'on a démontré qu'elles entraînaient de multiples effets secondaires. Aussi, la personne boulimique doit apprendre à vivre normalement sans recourir constamment à ces produits pharmaceutiques. Par ailleurs, un diététiste peut prendre en charge une personne boulimique pour l'aider à mettre sur pied un régime suivant les normes de l'alimentation. On tentera alors de réduire le nombre total de calories contenues dans les repas, tout en respectant les apports de vitamines et de minéraux. Toutefois, le spécialiste veillera à personnaliser le régime selon le patient, car un menu trop sévère serait rapidement abandonné, ou encore la personne aurait tendance à l'entrecouper d'orgies de nourriture. Le malade peut enfin recourir, s'il le désire, aux différentes thérapies offertes pour venir en aide aux gens souffrant de divers troubles de l'alimentation. Certaines rencontres se déroulent individuellement, tandis que d'autres ont été conçues pour recevoir le malade accompagné de ses proches. Certaines thérapies regroupent en outre plusieurs individus affectés par divers problèmes alimentaires et ayant décidé de se réunir pour partager leurs expériences respectives. Dans cette dernière catégorie, on retrouve les Outremangeurs anonymes de Sherbrooke, un groupe ayant pignon sur rue dans l'ouest de la ville et visant à venir en aide à tous les habitants de la région souffrant de désordres alimentaires. Membres de la grande organisation des Outremangeurs anonymes, dont le groupe principal se situe à Verdun, les Outremangeurs anonymes de Sherbrooke tentent, par l'intermédiaire de douze étapes, telles qu'admettre son impuissance devant la nourriture(6), « de donner à l'outremangeur compulsif l'acceptation inconditionnelle et l'appui mutuel qui se manifestent au sein des groupes, toujours prêts à accueillir les nouveaux. » (Outremangeurs anonymes, dépliant, p.3) Aussi, les individus peuvent se confier sans hésiter aux autres membres, car chez les Outremangeurs anonymes de Sherbrooke, la confidentialité est de mise. Voilà donc l'endroit par excellence pour bénéficier d'un accueil des plus chaleureux et d'une oreille attentive... Somme toute, la boulimie, malgré le fait que cette maladie soit encore très méconnue, a su s'infiltrer sournoisement dans notre société, particulièrement auprès des adolescentes et des jeunes femmes. Malheureusement, plusieurs d'entre elles retardent indéfiniment leur visite chez un spécialiste, embarrassées d'avouer leurs comportements inhabituels face à la nourriture. Ainsi, élégantes et souriantes, ces personnes tentent de montrer à tous qu'elles maîtrisent parfaitement leur vie. Mais intérieurement, elles se sentent impuissantes devant ce corps sans cesse plus enrobé que celui des mannequins aux formes anguleuses faisant la une des magazines aux quatre coins du globe. Il n'appartient alors qu'à nous d'enrayer cette véritable obsession pour la minceur, puisqu'un grand nombre de victimes se fait prendre chaque année, et que de plus en plus de femmes manquent de laisser leur peau pour ce culte qui n'est en fait qu'un mirage malheureusement inaccessible.
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Références
Annotations :
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ANOREXIE CHEZ L'ENFANT
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CONSEIL NUTRITIONNEL DE L'ENFANT OBESE
Auteur : Dominique-Adèle Cassuto, mai 2001, médecin nutritionniste enfant et adolescent du service de nutrition de l'Hôpital de l'Hôtel-Dieu de Paris.
Il n'y a pas de réponse unique, il n'y a que des situations différentes. Suivant la nature étiologique de l'obésité, son intensité et son ancienneté, le sexe ou l'âge de l'enfant, les difficultés psychologiques, les aléas familiaux etc., on prévoira des stratégies différentes. L'enquête alimentaire sera toujours couplée avec une estimation de l'activité physique. On essayera d'évaluer les habitudes alimentaires aux repas (en famille et/ou à la cantine, en semaine, le week-end) et en dehors des repas, les quantités ingérées et les habitudes culinaires familiales (culturelles, modes de cuisson, etc) ainsi que l'alimentation des autres membres de la famille. La prescription va être établie lors des consultations suivantes en fonction des paramètres propres à l'enfant cités ci-dessus et du carnet alimentaire. Une connaissance parfaite des besoins à chaque âge est essentielle. Toujours couplée à une augmentation de l'activité physique et à une lutte contre la sédentarité, cette prescription devra se faire sur des recommandations positives sans diaboliser des aliments, ni faire des listes d'aliments autorisés et d'aliments interdits. Aidée des erreurs dépistées lors de l'enquête alimentaire elle tendra vers une diminution des lipides et d'une augmentation des glucides, en veillant à ne pas augmenter l'apport énergétique total. En pratique on construira avec l'enfant un programme alimentaire personnalisé pour une journée comportant les aliments qu'il aime et répondant aux critères souhaités. Les programmes concernant à la fois les parents et l'enfant méritent une attention particulière.
Les grignotages peuvent jouer un rôle important dans le bilan énergétique total. Chez l'enfant ces troubles sont rarement sous forme de boulimies mais sont souvent sous forme de grignotages « en cachette » si la restriction est trop importante aux repas ou au goûter pouvant entraîner un cercle vicieux de « restriction-desinhibition ». L'attention des parents doit se porter sur les repas pris à la maison, en diversifiant l'alimentation pour contrebalancer les erreurs faites à l'extérieur. Le premier objectif pour l'enfant obèse est la stabilisation pondérale : grandir sans grossir c'est mincir. Si l'enfant n'arrive pas à se soumettre aux consignes ou si les résultats pondéraux ne sont pas satisfaisants, la reconnaissance et la prise en charge des déterminants psychologiques, des situations conflictuelles sont au coeur du processus thérapeutique et parfois une prise en charge psychologique doit être mise en place. "
Pour en savoir plus : http://www.obesite-enfant.com/adotout.htm
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Conseils aux parents
Lorsqu’un trouble alimentaire entre dans une famille, ce sont tous ses membres qui sont touchés. Face à la personne malade, les proches sont envahis par une foule de sentiments : culpabilité, sentiment d’échec, d’incompétence, de colère, d’anxiété, de tristesse et d’impuissance, voire de désespoir…
Les parents et les proches sont souvent désemparés, ne sachant plus quelle attitude adopter, et peuvent à leur tour sombrer dans le découragement. Il leur est difficile de comprendre et d’accepter la maladie, qui par ailleurs est encore parfois considérée comme une simple question de volonté. Il en résulte de violentes tensions, en particulier au moment des repas.
Il est important de ne pas rester seul face à la maladie d’un proche. Les parents et l’entourage ont eux aussi besoin d’un soutien et d’un accompagnement pour eux-mêmes. La maladie a tendance à accaparer l’attention et l’énergie de tous. Même si cela peut paraître difficile, il est essentiel que les proches puissent se préserver un espace pour eux-mêmes : prévoir des activités qui leur font plaisir, continuer à voir des amis, …
10 conseils de prévention pour les parents : Une estime de soi solide est certainement le meilleur des antidote aux désordres alimentaires. Et cela s'apprend dès le plus jeune âge! "Sois en forme et en bonne santé", "Amuse-toi", "Sens-toi bien dans ta peau", sont des messages importants, à faire passer régulièrement à vos enfants.
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Quels signes et quand faut-il s'inquiéter ???
Lorsque la nourriture devient le centre des préoccupations de la personne, qu’elle devient source de souffrance, qu’elle entrave son quotidien et l’empêche de vivre normalement (refus d’invitations, isolement, obsession), il est urgent de réagir.
Une perte de poids ou une prise de poids anormale et rapide, associées à un repli sur soi, un changement d’humeur et de comportement sont quelques signes auxquels il faut être attentif.
Les troubles du comportement alimentaire sont des maladies graves : elles peuvent entraîner des conséquences dramatiques au niveau médical, psychique, social, familial et financier.
On sait que plus la prise en charge se fait tôt, plus les chances d’une guérison complète et durable sont élevées.
En cas de doute, mieux vaut réagir plutôt que d’attendre en espérant que « ça passe ».
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En hommage
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En hommage
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I WILL FOLLOW HIM
Love him, I love him, I love him
And where he goes I'll follow, I'll follow, I'll follow
I will follow him, follow him wherever he may go
There isn't an ocean too deep
A mountain so high it can keep me away
I must follow him, ever since he touched my hand I knew
That near him I always must be
And nothing can keep him from me
He is my destiny
I love him, I love him, I love him
And where he goes I'll follow, I'll follow, I'll follow
He'll always be my true love, my true love, my true love
From now until forever, forever, forever
I will follow him, follow him wherever he may go
There isn't an ocean too deep
A mountain so high it can keep, keep me away
Away from my love
I love him, I love him, I love him
And where he goes I'll follow, I'll follow, I'll follow
He'll always be my true love, my true love, my true love
From now until forever, forever, forever
I will follow him, follow him wherever he may go
There isn't an ocean too deep
A mountain so high it can keep, keep me away
Away from my love
Do-do do-do-do do-do-do and where he goes
I'll follow, I'll follow, I'll follow
I know I'll always love him
MARILYN MONROE
Sounds :
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MARTIN
LUTHER KING . Cliquez sur la photo, merci.
"Il y a cent ans, un grand
Américain, qui jette sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, a
signé la Proclamation d’Émancipation. Cet arrêté d'une importance
capitale venait porter la lumière, comme un phare d'espoir, aux
millions d'esclaves Noirs, marqués par les flammes d'une injustice
foudroyante, et annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la
longue nuit de la captivité. Mais un siècle plus tard, nous devons
faire le constat tragique que les Noirs ne sont pas encore libres.
Un siècle plus tard, la vie des Noirs reste entravée par la
ségrégation et enchaînée par la discrimination." Martin Luther King
Jr., extrait du discours du 28 août 1963 sur les marches du Lincoln
Memorial, Washington, D.C. Après la seconde Guerre mondiale, durant laquelle plus d’un million de Noirs Américains combattent pour les États-Unis, les mentalités semblent évoluer. La culture afro-américaine est de plus en plus présente dans le pays avec l’essor du jazz, blues, rock, et des comédies musicales. Des noirs américains accèdent à des postes de responsabilité. Mais au bout du compte, rien n’est tellement différent. Discrimination et ségrégation envers la population Noire Américaine restent omniprésentes dans les mentalités. Mais, le 1e
décembre 1955, une afro-américaine Rosa Parks refuse de céder son
siège – comme il était d’usage – à un blanc dans un autobus de
Montgomery en Alabama. De cet acte, naît et s’affirme un mouvement
collectif pour les Droits Civiques dont l’éminent défenseur, Martin
Luther King, restera à jamais un symbole universel d’Espoir et de
Fraternité. Né le 15 janvier 1929 à Atlanta (Géorgie), Martin Luther King Jr est issu d’une famille de pasteurs baptistes défenseurs des droits civiques. Ainsi, depuis son plus jeune âge, il apprit l’amour de la famille, l’amour chrétien, la ségrégation du temps des lois ‘Jim Crow’, la diligence et la tolérance. Désireux de continuer l’œuvre de son père, il suit des études de théologie à Atlanta, Chester puis à l’université de Boston. Ses études achevées, il épouse Coretta Scott et s’installe à Montgomery (Alabama) où il est nommé pasteur Le 5 décembre 1955, soit cinq jours après le refus de Rosa Parks d’obéir aux lois ségrégationnistes, Martin Luther King, soutenu par d’autres ecclésiastiques noirs, organisent le boycott de la compagnie de transport. Après 381 jours de mouvement, la Cour Suprême d’Alabama déclare la ségrégation raciale dans les bus anticonstitutionnelle. Le 28 août 1963, plus de 250 000 manifestants se joignent à sa marche vers Lincoln Memorial à Washington, monument symbole depuis lequel, il prononce son célèbre discours "I Have A Dream" ("J’ai un rêve"). Le vaste ensemble des
actions de King ont contribué au vote de la loi de 1964 sur les
Droits Civiques, interdisant toute discrimination raciale dans les
lieux publics et établissant l’égalité des chances dans l’emploi et
l’éducation. En cette même année, le monde entier le célébrait et
lui attribuait le prix Nobel de la paix.
Depuis 1986, les américains célèbrent, le troisième lundi du mois de janvier, l’anniversaire de Martin Luther King. Il aura fallu 17 ans de négociations et de pétitions afin de rendre légale cette commémoration. En effet, elle représente un pouvoir accordé à sa philosophie et à ses actes. S’il incarne la justice pour certains, il est vivement condamné par d’autres pour ses actes et son appartenance à une ‘minorité ethnique’. Toutefois, même si cette célébration n’acquit un caractère légal qu’en 1983 avec la signature du Président Ronald Reagan, divers États et communautés ont, depuis son décès, honoré sa mémoire. Martin Luther King le savait : il faut du temps pour changer les mentalités et faire évoluer notre société. Et le chemin vers le respect du droit fondamental "Tous les hommes naissent libres et égaux" semble encore long. "Remember! Celebrate! Act!
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